Projection de 4,2% de la croissance économique africaine en 2025 contre 3,6% en 2024 (FMI)

YAOUNDE, 18 novembre (Aznapress) — Estimée à 3,6% en 2024, la croissance économique connaîtra une légère accélération pour s’établir à 4,2% du produit intérieur brut (PIB) en 2025 en Afrique, annonce dans un rapport le Fonds monétaire international (FMI) jugeant ces performances insuffisantes pour une réelle transformation des économies du continent.
Dans son rapport d’octobre 2024 sur les perspectives économiques en Afrique subsaharienne publié vendredi à Yaoundé en présence de son chef de division adjoint du département Afrique, Antonio David, et du ministre camerounais de l’Economie, Alamine Ousmane Mey, le FMI observe une évolution positive des indicateurs économiques dans cette région du monde.
« On constate déjà une réduction des déséquilibres macroéconomiques, notamment avec des efforts de consolidation budgétaire qui ont contribué à stabiliser les niveaux de dette […] autour de 58% du PIB pour la région dans son ensemble », a indiqué lors de sa présentation Antonio David les estimant « encore assez élevés ».
L’analyse montre aussi que des efforts de resserrement de la politique monétaire ont contribué à contenir l’inflation. Dans près de la moitié des pays africains, les taux dans ce domaine se situent autour des cibles établies par les banques centrales, a précisé David. « Mais il reste encore un certain nombre de pays dont l’inflation est à deux chiffres ».
« Au niveau de la croissance, nous attendons une croissance qui se situera autour de 3,6% en 2024 (…) et nous espérons une modeste accélération de la croissance en 2025 : nous projetons un niveau de 4,2% », a-t-il souligné.
Pour l’institution financière internationale basée à Washington aux Etats-Unis, avec ces taux de croissance, aucun pays africain n’est pour l’heure en mesure de faire reculer de manière significative la pauvreté et d’accéder au statut de pays émergent.
L’un des défis cruciaux, selon le rapport, se résume par la pénurie de financements persistante dans la région. « Les taux d’intérêt sont toujours à des niveaux très élevés historiquement. Les besoins de financements vont s’accroître au cours des deux années qui viennent, 2024 et 2025, et il faudra trouver les ressources nécessaires pour faire face à ces besoins d’investissement », guide Antonio David.
L’intensification des chocs climatiques illustrés par la sécheresse en Afrique australe et les inondations en Afrique centrale en 2024, la propagation du virus Mpox, la volatilité des cours des produits de base ainsi qu’un éventuel ralentissement de l’activité dans les pays avancés et la volatilité des marchés financiers sont autant de risques à prévenir pour les économies du continent. (Fin)