Au moins une vingtaine de personnes tuées suite à des intempéries inédites au Nord-Cameroun

MAROUA (Nord-Cameroun), 22 septembre (Aznapress) — Au moins une vingtaine de personnes ont péri dans de graves inondations dues à de violentes intempéries inédites, survenues depuis plusieurs mois dans de nombreuses localités de la région de l’Extrême-Nord du Cameroun, selon des estimations annoncées lundi par des sources indépendantes à Aznapress.
Les victimes sont des personnes issues essentiellement des populations civiles, a précisé un journaliste basé dans la région contacté lundi par Aznapress. « Le bilan a évolué à cause des personnes qui partent s’amuser dans les eaux qui inondent les localités affectées par la catastrophe. Certaines meurent par la suite par noyade », a-t-il témoigné.
Un bilan officiel provisoire établi par les autorités administratives le 10 septembre avait fait état de onze morts suite aux inondations qui submergent principalement depuis le mois de mai, Maga, Wina, Yagoua, Pouss et Kaïkaï, des localités du département du Mayo-Danay, dans la région de l’Extrême-Nord, proches de la frontière avec le Tchad.
La situation est critique, s’alarment les mêmes sources qui dénombrent en outre plus de 300.000 sans-abri, 185 écoles primaires et 13 lycées et collèges inondés, 103.000 hectares de cultures (riz, mil, cultures maraîchères) détruits et 1.178 têtes de bétail décimées à cause d’une montée des eaux de nature inédite venue brusquement plonger les populations sinistrées dans le deuil et le désarroi.
D’importants dégâts matériels sont aussi répertoriés, se rapportant notamment à l’effondrement de certaines infrastructures essentielles comme l’unique grand pont de Yagoua, la principale ville du département de Mayo-Danay et siège de la Société d’expansion et de modernisation de la riziculture de Yagoua (SEMRY).
Cette entreprise à capitaux publics encadre notamment des coopératives de producteurs de riz, l’une des principales cultures d’exportation développées dans la région avec le coton et le mil.
La région de l’Extrême-Nord, la plus peuplée du Cameroun, est connue pour être une zone à écologie fragile. Au plan climatique, elle se caractérise par une longue saison sèche qui s’étale sur neuf à dix mois, contre deux ou trois mois de saison des pluies souvent marquée par des inondations causées par la montée à cette période des eaux des fleuves qui coulent dans la région (Logone, Chari, Mbéré).
Mais contrairement à ces inondations observées généralement vers la fin de la saison des pluies, entre les mois de novembre et de décembre, la catastrophe actuelle, attribuée aux eaux pluviométriques et terrestres, survient plutôt au début de la saison des pluies, selon les témoignages pour qui « c’est une situation inédite jamais vécue depuis au moins un demi-siècle ». Par des remises de dons de produits de première nécessité, les autorités camerounaises s’activent pour la prise en charge des besoins humanitaires d’urgence des populations sinistrées.