Les résultats de la COP29 marquent un recul et risquent de freiner l’action climatique, selon WWF

YAOUNDE, 26 novembre (Aznapress) — Les résultats de la 29e Conférence des parties sur le climat ou COP29 tenue du 11 au 22 novembre à Bakou en Azerbaïdjan marquent un recul et risquent de freiner l’action sur le climat à un moment où une accélération est cruciale, déplore World Wildlife Fund for Nature (WWF) ou Fonds mondial pour la nature en français.
« Cette COP n’a pas envoyé de signal fort sur la nécessité de réduire rapidement les émissions [de gaz à effet de serre] et de supprimer progressivement les combustibles fossiles, marquant un recul par à la COP28 à Dubaï [en 2023] », a indiqué dans un communiqué transmis à Aznapress l’ONG environnementale basée à Washington aux Etats-Unis.
Marqué par la participation d’une centaine de chefs d’Etat et de gouvernement du monde, ce sommet avait été baptisé « COP sur le financement climatique ». Il visait à établir un nouvel objectif collectif quantifié (NCQG) plus élevé sur le financement de la lutte contre le changement climatique, pour remplacer l’objectif actuel de 100 milliards qui expire en 2025.
Après deux semaines de négociations ardues, la COP29 s’est achevée cependant samedi à Bakou sur une promesse à la toute dernière minute de financement annuel de 300 milliards de dollars américains des pays industrialisés à la lutte mondiale contre le changement climatique, avec un objectif global de financement climatique devant atteindre au moins 1.300 de dollars d’ici à 2035.
Cette somme représente moins du tiers des plus de 1.000 milliards de dollars d’aide sollicités par les pays en développement, lesquels ont qualifié d’« insulte » ce nouvel engagement des pays développés et que WWF estime aussi « loin de répondre aux besoins des pays en développement ».
« Cet accord faible sur le financement climatique est un coup dur pour l’Afrique et pour la lutte mondiale contre le changement climatique. Avec sa contribution minimale aux émissions, l’Afrique subit de plein fouet les impacts climatiques croissants, allant des sécheresses extrêmes à l'insécurité alimentaire », a regretté James Reeler, responsable principal de l’action climatique à WWF en Afrique du Sud.
L’ONG internationale estime à 2,8 trillions de dollars américains les besoins de l’Afrique pour les efforts d’adaptation et d’atténuation du changement climatique.
« Bien que la nature ait été mise en avant lors des événements parallèles, la COP29 n’a pas réussi à lui donner la place qu’elle mérite dans les négociations officielles. L’Afrique dépend de ses écosystèmes pour sa survie, mais de faibles signaux sur les solutions fondées sur la nature signifient que les synergies essentielles entre climat et biodiversité restent marginalisées », a pour sa part souligné Durrel Halleson, responsable des politiques et des partenariats pour WWF Afrique. (Fin)