ABC conflit Israël-Iran : « neutralisé » ou « fortifié », que sait-on du nucléaire iranien ?

YAOUNDE, 23 juin (AZNAPRESS) — Le président américain Donald Trump et son administration ont déclaré avoir « neutralisé » avec des bombes anti-bunker le programme nucléaire iranien, pourtant connu pour être développé dans des installations implantées avec le plus grand soin dans le creux de roches dures, des forteresses « invulnérables » selon les autorités iraniennes.
Pour son opération « Midnight Hammer » ou « Le marteau de minuit » en français contre les sites nucléaires iraniens de Fordow, de Natanz et d’Ispahan dans la nuit de samedi à dimanche, l’aviation américaine a mobilisé jusqu’à 125 bombardiers (dont des avions furtifs B-2 Spirit) et sous-marins, selon la presse américaine.
Douze bombes anti-bunker GBU-57 à puissance spéciale – près de 14 tonnes de capacité chacune – et 30 missiles de croisière Tomahawk ont été utilisés pour une « opération risquée et complexe » par le chef d’état-major des armées américaines, le général Dan Caine.
Aux Etats-Unis et sur la scène mondiale, Scott Ritter fait autorité. Dans son commentaire sur ces bombardements, cet ancien officier du renseignement américain et ancien inspecteur des armes à l’ONU a déclaré que « c’est du théâtre, pas une stratégie, une frappe pour les caméras ».
TRUMP A CIBLE UNE INSTALLATION « IMPENETRABLE »
« Contrairement aux déclarations de Trump, il a ciblé une installation « impénétrable » (Fordow) et deux installations « vides » (Natanz et Ispahan) », les deux detrniers complexes nucléaires ayant été « évacués » avant les frappes américaines, a-t-il écrit sur son compte X.
Avec assurance, le Daily Iran Military, quotidien publié par le Corps des Gardiens de la révolution, l’armée iranienne, a aussi fait savoir que le complexe de Fordow a été vidé et évacué depuis plusieurs mois.
Le magazine britannique The Economist a publié un article soulignant que même les Etats-Unis avec leurs capacités spéciales ne sont pas capables de détruire Fordow.
Dimitri Medvedev, l’ancien président russe, a, de son côté, soutenu que « les infrastructures critiques du cycle nucléaire [de l’Iran, NDLR] semblent avoir subi peu ou pas de dommages. L’enrichissement des matières nucléaires, et nous pouvons désormais le dire clairement, ainsi que la production future d’armes nucléaires, vont se poursuivre ».
L’Iran a adhéré en 1970 au Traité de non-prolifération des armes nucléaires (TNP) des Nations Unies. Officiellement, son programme a une visée civile et est soumis à la surveillance constante de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).
En 2018, lors de son premier mandat, Donald Trump a annulé un accord nucléaire que Téhéran avait conclu trois ans auparavant avec les Etats-Unis et l’Union européenne (UE) à Vienne en Autriche, sous la supervision des Nations Unies, et par lequel l’Iran acceptait de ne pas produire d’uranium enrichi à des fins militaires.
UNE DIZAINE DE SITES NUCLEAIRES SUR UN VASTE TERRITOIRE DESERTIQUE
Certaines estimations font état de ce que la République islamique possède plus de 400 kilogrammes d’uranium réparti dans une dizaine de sites à travers son vaste territoire désertique.
En plein désert à environ 200 kilomètres au Sud de Téhéran, Fordow est présenté comme le fleuron de ce programme nucléaire. Sa construction, enfouie entre 80 et 90 mètres à l’intérieur de la terre dans une roche dure, a été officialisée en 2009 et repose sur des installations ultra-surveillées, réputées très difficiles à atteindre.
Le site compte plus de 1.000 centrifugeuses de dernière génération pour l’enrichissement de l’uranium, avec un seul bâtiment blanc visible à la surface.
L’AIEA soutient que Téhéran a dépassé depuis 2023 le seuil des 60% d’enrichissement d’uranium et n’est pas très loin des 90% du seuil de fabrication d’une arme nucléaire.
Autre site puissant d’enrichissement d’uranium iranien, Bouchehr est aussi visé par les frappes israéliennes déclenchées le 13 juin. Rafael Grossi, le directeur général de l’AIEA, a cependant mis en garde contre le risque d’une catastrophe nucléaire en cas d’attaque de cette centrale.
Plus important encore, l’Iran dispose d’une installation nucléaire beaucoup plus grande et beaucoup plus profonde que celle de Fordow. Egalement située à Natanz, celle-ci est tenue secrète sous une montagne qui culmine à 1.600 kilomètres d’altitude, surnommée « La montagne de la pioche », un site qualifié de « sûr » et d’« invulnérable » par les autorités de Téhéran. (Fin/2025)