Au Cameroun, les autorités annoncent la libération de dix otages de Boko Haram par l’armée

MAROUA (EXTRÊME-NORD), 22 août (AZNAPRESS) — Dix otages comprenant essentiellement des enfants ont été libérés lors d’une vaste opération des forces de défense et de sécurité camerounaises menée jeudi entre le Cameroun et le Nigeria, une semaine jour pour jour après leur enlèvement par des islamistes présumés de Boko Haram à l’Extrême-Nord, annoncent les autorités du pays.
« Nous avons une information très importante qui vient de nous tomber à l’instant même. Les enfants qui ont été kidnappés et qui ont été emmenés en profondeur au Nigeria, à environ une vingtaine de kilomètres [de la frontière camerounaise] ont été libérés », a indiqué dans une déclaration à la presse jeudi soir Midjiyawa Bakary, le gouverneur de la région camerounaise de l’Extrême-Nord.
Les otages libérés sont au nombre de dix sur un total d’environ une quinzaine de personnes, dont des enfants, des femmes et des hommes, a précisé l’autorité administrative.
« Dix enfants ont été bel et bien libérés. Nous avons l’information du commandant de compagnie [de gendarmerie] de Waza. Ces enfants sont présentement dans le camp du BIR [Bataillon d’intervention rapide, force spéciale de l’armée camerounaise dédiée à la lutte contre la grande criminalité et antiterroriste, NDLR] », a ajouté le gouverneur.
Le groupe d’enfants se compose de mineurs et d’adolescents. Ils avaient été kidnappés lors d’une attaque armée d’hommes non identifiés soupçonnés d’être affiliés à la secte islamiste nigériane Boko Haram survenue le 14 août sur l’axe reliant Kousseri et Maroua, dans la région camerounaise de l’Extrême-Nord frontalière avec l’Etat de Borno au Nigeria, principal fief du groupe terroriste.
En attendant leur retour dans leurs familles respectives, les dix ex-otages ont été confiés aux unités spécialisées de l’armée camerounaise pour leur prise en charge médicale.
« Ces enfants sont présentement dans le camp du BIR. Ils subissent des examens sanitaires et autres. Nos forces se sont mobilisées, elles ont ratissé large. Nous avons envoyé du renfort depuis Maroua [principale ville et chef-lieu de la région de l’Extrême-Nord, NDLR] », a rapporté en outre Bakary.
Le gouverneur a aussi fait état d’une cinquantaine de suspects interpellés lors de l’opération des forces de défense et de sécurité.
« Des villages ont été indexés sur cet axe [Kousseri-Maroua]. Nous avons deux villages qui sont toujours suspectés. Des bouclages et des patrouilles ont cerné ces villages tard dans la nuit [de mercredi à jeudi]. Malgré des rivières qui étaient en crue, nos forces ont usé de stratégies pour y arriver », a-t-il encore détaillé.
Depuis les enlèvements d’un prêtre français et de deux religieuses espagnoles survenus en 2013 par Boko Haram, puis des attaques armées massives dès 2014, les enlèvements avec demande de rançons sont monnaie courante dans la région de l’Extrême-Nord du Cameroun, des actes par lesquels s’illustraient déjà auparavant des groupes de bandits communément appelés « coupeurs de route ».
Des trafics d’armes et la circulation d’armes de petit calibre préoccupent aussi dans cette partie du territoire camerounais. (FIN/2025)