Au Cameroun, violences et divorces conjugaux en hausse

YAOUNDE, 3 novembre (Aznapress) — Un homme dans un quartier de Yaoundé qui décapite sa compagne à coups de machette, séquestre les enfants du couple toute une nuit durant avec le corps de leur mère et pour finir, il se donne la mort en avalant une forte dose de comprimés : au Cameroun, les violences et les divorces conjugaux sont en hausse.
Les féminicides ou meurtres de femmes en couple par leurs conjoints ont atteint des proportions alarmantes avec une augmentation vertigineuse du nombre de cas signalés et dénoncés par les médias et des associations de défense des droits de l’homme.
Comme le souligne le psychiatre Félicien Ntoné Enyimé, par ailleurs directeur général du Centre hospitalier universitaire de Yaoundé (CHUY, public), dans un entretien avec Aznapress sur les problèmes liés à la santé mentale, ces drames qui ne sont pas l’apanage du Cameroun résultent d’une succession de conflits conjugaux non pris en compte et donc restés sans solution.
De part et d’autre du pays d’Afrique centrale, les tribunaux débordent de procès liés aux demandes de divorces. La tâche est ardue aussi pour les services du ministère des Affaires sociales lorsque leur médiation est sollicitée dans le règlement de ces crises.
Par le passé, le mariage était considéré au Cameroun et ailleurs en Afrique comme une union de deux familles, celle de l’homme et celle de son épouse.
Le professeur Ntoné Enyimé prescrit le retour aux valeurs ancestrales d’amour, de partage, de solidarité et d’entraide et invite. « Généralement, quand la conflictualité vous empêchait d’habiter la même maison, le village créait un espace pour que la femme déjà arrivée ne reparte plus et pour que l’alliance construite par les deux familles ne s’arrête pas au conflit entre les individus. »
« Ce sont valeurs dormantes qu’il faudra réveiller pour que les Camerounais retrouvent le bien-être », conseille l’expert en santé mentale. (Fin)