Au Gabon, référendum constitutionnel samedi pour la fin de la transition

YAOUNDE, 13 novembre (Aznapress) — Au Gabon, les électeurs doivent se prononcer par référendum samedi par oui par non sur un projet de Constitution censé ouvrir la voie à la tenue d’élections démocratiques et mettre fin à la transition inaugurée au lendemain du coup d’Etat mené par le général Brice Clotaire Oligui Nguema contre le pouvoir d’Ali Bongo Ondimba le 30 août 2023.
Parmi ses dispositions, le texte soumis au vote des électeurs gabonais propose un régime présidentiel avec une limitation à deux du nombre des mandats présidentiels mais maintient la durée de chacun à sept ans, instituée par l’ex-président Ali Bongo Ondimba après son arrivée au pouvoir à Libreville en 2009, après quarante-deux ans de règne sans partage de son père Omar Bongo Ondimba.
Pour Raymond Ndong Sima, le Premier ministre de la transition qui a pris la tête d’une Coordination nationale pour battre campagne pour le Oui, le projet de Constitution comporte des avancées démocratiques notables, avec le renforcement de l’Etat de droit, l’amélioration des droits et libertés fondamentales et la modernisation des institutions pour une meilleure gouvernance.
Le texte, a-t-il martelé lors de ses meetings à travers le pays, reflète les aspirations profondes du peuple gabonais à des institutions solides et des mécanismes de gouvernance plus transparents et inclusifs.
Il ne fait cependant pas l’unanimité. A travers la mise en place de la Dynamique unitaire conduite par Roger Ondo Abessolo, un front de l’opposition a vu le jour pour appeler à voter contre, en dénonçant le défaut de séparation des pouvoirs et d’indépendance de la justice.
A trois jours du vote, le climat sociopolitique demeure globalement calme au Gabon. Le scrutin est censé ouvrir la voie à la tenue d’élections démocratiques, libres et transparentes et mettre fin à plus d’un an de transition politique instituée à la suite de la prestation de serment du général Brice Clotaire Oligui Nguema comme chef de l’Etat par intérim le 4 septembre 2023 à Libreville.
Cinq jours auparavant, l’ex-chef de la sécurité présidentielle avait pris la tête d’un Comité pour la transition et la restauration des institutions (CTRI) après avoir déposé par un coup d’Etat militaire le pouvoir d’Ali Bongo Ondimba qui venait d’être déclaré vainqueur d’une élection présidentielle très contestée.
Le président déchu avait été placé par la suite en résidence surveillée. Peu après, son épouse Sylvia Bono Ondimba, d’origine française, avait été quant à elle placée à détention préventive en prison à la suite de la découverte d’importantes sommes d’argent dans la résidence présidentielle.
Le Gabon est un petit pays de moins de trois millions d’habitants de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC, composée en outre du Cameroun, du Congo, de la Guinée équatoriale, de la République centrafricaine et du Tchad). (Fin)