Drogues et alcool plombent le progrès socioéconomique du Cameroun

YAOUNDE, 4 novembre (Aznapress) — Au Cameroun, une importante main d’œuvre échappe aux circuits de production de la richesse nationale en raison de la consommation abusive des drogues et de l’alcool, notamment dans des bars devenus au mépris de la réglementation des boîtes de nuit à ciel ouvert dans les grandes villes du pays dont la capitale Yaoundé et Douala, la métropole économique.
Dans le pays d’Afrique centrale, la loi reconnaît les bars comme une activité économique mais elle a restreint à l’origine cette activité à de simples ventes-à-emporter des produits commercialisés qui sont évidemment des boissons.
Dans une correspondance adressée il y a quelques jours aux gouverneurs, préfets et sous-préfets, Paul Atanga Nji, le ministre de l’Administration territoriale, a vertement tancé ses collaborateurs ainsi cités pour leurs « laxisme » et « inertie » qui favorisent des violations de la réglementation, des nuisances sonores et d’autres abus graves par les églises dites de réveil.
Le même constat est établi au sujet des bars dont certains distillent un débordement de décibels tous les jours de la semaine et dès la tombée de la nuit jusqu’au matin, sans se soucier de la présence dans leur voisinage des personnes malades et bien plus des élèves et des travailleurs qui ont besoin de repos pour être en forme pour vaquer sereinement à leurs activités quotidiennes.

Icône de la chanson, l’artiste musicien Ottou Marcellin s’est insurgé à Aznapress contre ce phénomène en suggérant aux autorités de s’inspirer d’un dispositif légal comme celui mis en place en France et qui consiste à « contrôler le taux de décibels y compris dans les boîtes de nuit, pour ne pas dépasser le seuil prescrit et pour éviter de perturber la santé des individus ».
« Il en est aussi de nos jeunes enfants qui se promènent avec des écouteurs aux oreilles ou des téléphones pour écouter la musique, parfois ces appareils ont un taux de décibels très élevé et nocif pour la santé, surtout quand on met les écouteurs aux oreilles pendant longtemps », a-t-il ajouté.
A Yaoundé, il existe de nombreux quartiers comme Ekoumdoum qui se distinguent comme des sortes d’axes du mal pour ces lieux d’ambiance dressés le long de la route et pour la consommation abusive des drogues et de l’alcool ainsi que la débauche qu’engendre ce fléau rampant qui nuit au bien-être de la population.
Plus grave encore, l’on y retrouve jusqu’à des heures très avancées de la nuit le dimanche et des jours de semaine, fonctionnaires, agents de l’Etat et cadres d’entreprises publiques et parapubliques dont le rendement professionnel au sein de leurs administrations respectives ne manque pas de ce fait d’être questionné.
A l’évidence, un nombre important de Camerounais sont absents des circuits de production de la richesse et d’autres peu performants dans les administrations publiques et entreprises de l’Etat, à cause de la consommation des drogues et autres stupéfiants qui causent des ravages au sein des milieux jeunes.
Sous ajustement structurel, le Cameroun a été pressé par le Fonds monétaire international (FMI) d’imposer à ses entreprises publiques et parapubliques l’obligation de signer des contrats de performance sous le contrôle et l’évaluation permanents du ministère des Finances.
Spécialiste de la santé mentale, le psychiatre Félicien Ntoné Enyimé, directeur général du Centre hospitalier universitaire de Yaoundé (CHUY, public), est formel : « Sans santé mentale, nous aurons des difficultés à nous développer, nous aurons du mal à rencontrer l’émergence qui sera faite avec des êtres humains équilibrés mentalement. »