Guinée : la mission de l’Union africaine a quitté Ouagadougou sans avoir rencontré Doumbouya

CONAKRY, 1er juin (AZNAPRESS) — La mission du Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’Union africaine (UA) rendue pour deux jours à Ouagadougou pour des consultations sur le processus vers un retour à l’ordre constitutionnel a quitté la Guinée ce dimanche 1er juin 2025 sans avoir pu rencontrer le général Mamadi Doumbouya, le chef de l’Etat de transition, comme elle espérait.
Composée d’une trentaine de membres, la délégation conduite par Harold Bundu Saffa, ambassadeur de Sierra Leone en Ethiopie, représentant permanent auprès de l’UA et actuel président du CPS, avait établi un programme à son départ d’Addis-Abeba, siège de l’organisation panafricaine, prévoyant des concertations avec l’homme fort de Conakry et son gouvernement sur le processus de transition.
Cette mission, à laquelle participait Bankole Adeoye, le commissaire de l’UA aux affaires politiques, à la paix et à la sécurité, survient au moment où la Guinée se prépare à tenir un référendum sur le projet de nouvelle Constitution prévu le 21 septembre prochain, puis l’élection présidentielle le 31 décembre, selon le calendrier officiel annoncé par les autorités de transition.
Au mois de mars, le ministère guinéen de l’Administration du territoire avait prononcé, en plus de l’interdiction de manifestations qui la frappait déjà, la suspension d’un grand nombre de partis politiques d’opposition – 24 au total – la dissolution de tant d’autres (27).
Parmi les formations suspendues, figurent des poids lourds de la scène politique guinéenne tels que le Parti de l’unité et le progrès (PUP) du défunt président Lansana Conté, l’Union des forces républicaines (UFR) de Sidya Touré et le Rassemblement du peuple de Guinée (RPG) Arc-en-ciel d’Alpha Condé, le président déchu.
L’UA EXIGE DES GARANTIES POUR LE RESPECT DU CALENDRIER ELECTORAL
Préoccupée par ces mesures considérées selon elle comme « une source de tensions », l’UA exige du pouvoir guinéen des garanties, non seulement pour le respect du calendrier électoral annoncé, mais aussi des élections libres, transparentes, inclusives et apaisées.
Pendant deux jours, vendredi et samedi, une série de concertations a eu lieu entre la délégation venue d’Addis-Abeba et ces autorités.
Lors de la rencontre avec le Premier ministre, Amadou Oury Bah, samedi, le commissaire aux affaires politiques, à la paix et à la sécurité de l’organisation panafricaine a clairement appelé à un processus de transition « inclusif », permettant que « toutes les voix soient entendues, que les jeunes et les femmes et tout le monde soient impliqués ».
Depuis le coup d’Etat du général Mamadi Doumbouya et le Comité national du rassemblement et du développement (CNRD) mené contre le pouvoir d’Alpha Condé le 5 septembre 2021, la Guinée reste sous le coup de la suspension de son admission à l’UA.
Harold Bundu Saffa a insisté sur un retour à l’ordre constitutionnel afin que le pays d’Ahmed Sékou Touré, un des pères fondateurs de l’Organisation de l’unité africaine (OUA), l’ancêtre de l’UA, « retrouve sa place au sein de la famille de l’UA ». (Fin/2025)