La Centrafrique réhabilite une route importante pour la relance de l’industrie cotonnière

YAOUNDE, 18 octobre (Aznapress) — La route Bossembélé-Bossangoa, longue de près de 150 kilomètres, à l’Ouest de Bangui, est en chantier pour des travaux de réhabilitation qui visent à désenclaver la région pour faciliter la circulation des biens et des personnes en favorisant la relance de l’industrie cotonnière aujourd’hui en difficulté en République centrafricaine (RCA).
Il y a une semaine, le 12 octobre, le président centrafricain, Faustin Archange Touadéra, s’est lui-même rendu à Bossembélé, pour procéder au lancement officiel de ces travaux réalisés avec l’appui de la MINUSCA, la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en RCA qui déclare avoir déjà réhabilité 40 kilomètres sur un total de 148 kilomètres de cet axe du département de l’Ouham (Ouest).
Selon Florence Marchal, la porte-parole de la MINUSCA lors d’un échange avec la presse jeudi à Bangui, le chantier réalisé par le génie péruvien de la mission onusienne facilitera, une fois achevé, la circulation des femmes et de la population en général, l’amélioration de l’accès sur certains services de base et la fin de l’enclavement de certaines localités.
Un autre avantage du projet réside dans le fait que « la commercialisation des produits spécifiques y compris vers la capitale Bangui se fera avec moins d’obstacles, contribuant ainsi à la sécurité alimentaire et au développement économique. De plus, la relance de l’industrie cotonnière sera favorisée », a poursuivi la responsable onusienne.
La RCA produit le coton depuis son accession à l’indépendance en 1960. Depuis les 58.000 tonnes de coton graines lors de la saison 1968-1969, son record jusqu’à ce jour, sa production moyenne variait entre 45.000 à 50.000 tonnes « en temps normal », avant de chuter à 20.000 tonnes en 1997-1998, puis à moins de 3.000 tonnes en 2022, selon les statistiques officielles.
L’objectif de 100.000 tonnes de production fixé par la Compagnie pour la culture et l’égrenage du coton (COCECOT, publique) pour la saison 2010-2011 n’a a jamais été atteint.
Cette baisse de production se justifie par les crises militaro-politiques à répétition que connaît ce pays enclavé d’Afrique centrale dont sur une population estimée à environ 4 millions d’habitants, 114.269 d’entre eux étaient des producteurs de coton à la fin des années 1990, un chiffre qui a aussi fortement diminué comme la production de ce produit d’exportation elle-même.
A la suite de son élection à la présidence en 2016, Faustin Archange Touadéra a fait de la relance de cette filière une de ses priorités. En 2019, il a obtenu le vote de l’Assemblée nationale concernant la mise en place d’un Office national du coton, décision suivie un an après de la réouverture d’une usine d’égrenage de coton graines.
Pour la responsable de la communication et porte-parole de la MINUSCA, la réhabilitation de la route Bossembélé-Bossangoa « contribuera également à renforcer la protection des populations civiles et à prévenir les violences, en facilitant la mobilité des forces [de la mission] ainsi que les forces de défense et de sécurité centrafricaines dans leurs patrouilles et opérations ». (Fin)