Le président camerounais Paul Biya, 92 ans, officiellement candidat à sa propre succession

YAOUNDE, 17 juillet (AZNAPRESS) — Au pouvoir depuis 1982 suite à la démission d’Ahmadou Ahidjo, le président camerounais Paul Biya, 92 ans, brigue officiellement un nouveau mandat de sept ans lors de l’élection présidentielle prévue le 12 octobre prochain, son dossier de candidature ayant été déposé par ses proches auprès d’Elections Cameroon (ELECAM) jeudi à Yaoundé.
Désormais, le doute est levé sur les intentions du chef de l’Etat sortant. C’est par les soins de Jean Nkuété, le secrétaire général du comité central du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC, au pouvoir), que sa candidature a été introduite, comme en 2011 et 2018, dans les registres d’Elections Cameroon (ELECAM).
Dans les locaux de l’organe électoral à Yaoundé jeudi après-midi, peu après 13H locales (12H GMT), Nkuété conduisait une forte délégation des dirigeants du parti présidentiel comprenant en outre un proche collaborateur du numéro un camerounais, en la personne de Samuel Mvondo Ayolo, le ministre directeur du cabinet civil de la présidence de la République.
Deux jours auparavant, c’est par un message publié sur les réseaux sociaux que le président Biya avait choisi de s’adresser à ses compatriotes pour leur annoncer sa « détermination » à continuer de les diriger, leur promettant d’améliorer leurs conditions de vie, et surtout à s’investir dans la recherche des réponses aux préoccupations des femmes et des jeunes.
Vendredi, un décret présidentiel avait fixé la date de la tenue du scrutin à un tour au 12 octobre prochain, un rendez-vous électoral qui suscite de vives inquiétudes à cause d’un climat sociopolitique tendu marqué par la persistance de la crise sécuritaire due à Boko Haram à l’Extrême-Nord et la crise séparatiste dans les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.
Dans l’opinion, pointant son âge, diverses voix se sont élevées à l’instar des évêques réunis au sein de la Conférence épiscopale nationale du Cameroun pour appeler le chef de l’Etat à ne pas se représenter.
En réponse à ces appels, le RDPC, créé en 1985 à Bamenda (Nord-Ouest) sur les cendres de l’Union nationale camerounaise (UNC), l’ex-parti unique d’Ahmadou Ahidjo, martèle que Paul Biya, son président national, demeure son « candidat naturel », et mobilise ses partisans en vue de sa réélection.
Le camp présidentiel enregistre cependant la défection de deux alliés historiques, à savoir l’ex-ministre d’Etat en charge du Tourisme et des Loisirs Maïgari Bello Bouba, président de l’Union nationale pour la démocratie et le progrès (UNDP), et l’ex-ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle Issa Tchiroma Bakary, président du Front pour le salut national du Cameroun (FSNC).
Tous deux originaires de Garoua, ville natale d’Ahidjo dans le Nord, ces deux leaders politiques se sont déclarés candidats au scrutin à venir, après avoir décidé de quitter le gouvernement, marquant ainsi une rupture de l’accord politique avec le pouvoir de Paul Biya et un rapprochement avec l’opposition dont ils ont d’ailleurs rencontré quelques figures importantes. (Fin/2025)