L’Union africaine presse ses Etats membres à éradiquer la prolifération des armes légères

BRUXELLES, 5 juin (AZNAPRESS) — Dans une Afrique déchirée de part en part par des conflits armés et le terrorisme, l’Union africaine (UA) a prescrit à ses Etats membres mercredi d’intensifier les efforts en vue de l’éradication de la prolifération des armes légères et des munitions dans leurs territoires respectifs, utilisées pour alimenter les foyers de tension.
Dans le cadre de son Architecture africaine de paix et de sécurité, adoptée à Durban en Afrique du Sud en 2002, l’organisation panafricaine s’est fixé l’objectif de faire taire les armes sur le continent à l’horizon 2030. A cinq ans de cette échéance, le constat montre que les défis à relever sont plutôt croissants : les groupes armés et terroristes gagnent du terrain dans divers pays.
Un rapport du Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’organisation continentale publié récemment désigne la Chine et les Emirats arabes unis comme deux principales sources de provenance d’armes utilisées par des groupes armés en République centrafricaine (RCA) et au Tchad, une industrie du crime organisé faisant intervenir des circuits diplomatiques.
Par le biais notamment du CPS, l’UA recommande aujourd’hui à ses 55 pays membres d’assurer un contrôle serré de la circulation des armes légères et des munitions, y compris celles issues des stocks officiels de ces Etats, afin d’en garantir la traçabilité.
C’est le principal objet d’une réunion tenue mercredi à Addis-Abeba, siège de l’organisation en Ethiopie, sur le thème « synergie entre le Cadre mondial pour la gestion des munitions classiques tout au long de leur cycle de vie et les instruments régionaux de contrôle des armes et des munitions ».
L’une des difficultés auxquelles se heurtent les pays africains dans leurs efforts d’élimination de la circulation non contrôlée des armes et des munitions réside dans la porosité des frontières, sans compter la corruption qui crée des failles et fragilise les systèmes de contrôle administratifs.
Pour surmonter ces écueils, les participants à la séance de discussions de mercredi ont insisté sur la mutualisation des actions menées par la promotion de la coopération sous-régionale, régionale et internationale, avec l’implication d’acteurs importants tels qu’Interpol et Afripol, le mécanisme de coopération policière de l’Union africaine.
Préparatoire à une réunion de haut niveau prévue aux Nations Unies du 23 au 27 juin à New York aux Etats-Unis, cette concertation devait servir d’appel à une « action cohérente et harmonisée », a souligné le représentant spécial du secrétaire général de l’ONU et chef du bureau de l’organisation mondiale auprès de l’UA, le Gabonais Parfait Onanga-Anyanga.
Les travaux, présidés par l’ambassadeur de Sierra Leone en Ethiopie et représentant permanent auprès de l’’UA, Innocent Shiyo, président du CPS pour le mois de juin en cours, avec la présence du commissaire aux affaires politiques, à la paix et à la sécurité de l’UA, Bankole Adeoye, ont aussi porté sur le renforcement des législations nationales africaines sur le contrôle des armes et des munitions. (Fin/2025)