Mines antipersonnel : la RCA recense plus de 285 incidents et plus de 270 morts entre 2020 et 2025

BANGUI, 12 juin (AZNAPRESS) — Plus de 285 incidents liés aux engins explosifs ont causé plus de 270 morts, en majorité des civils, au cours des cinq dernières années en République centrafricaine (RCA) marquée par des décennies de conflit et toujours sous la menace de groupes armés, selon des statistiques officielles communiquées mercredi à Bangui.
« Rien que depuis le 1er janvier 2025, nous avons enregistré 35 incidents et 15 victimes, toutes civiles. L’Ouest du pays, avec 22 incidents, et Bangui, 7 incidents, continuent d’être les régions les plus touchées en 2025 », a rapporté à la presse le lieutenant-colonel Ghazaka, point focal national de la lutte antimines.
Sur les quelque 270 décès enregistrés entre 2020 et 2025, 188 sont des civils, soit 70% des victimes, a précisé le haut responsable militaire. « Il est important de noter qu’il est probable que de nombreux autres incidents, dans les lieux reculés, ne nous soient pas remontés », a-t-il souligné.
« La grande majorité des incidents impliquent des restes explosifs de guerre, qui sont des munitions abandonnées ou non explosées, et constituent un héritage néfaste des décennies de conflit que le pays a traversées », a-t-il expliqué en outre.
APPUI DE LA FORCE ONUSIENNE
Les mines antichars placées dans l’Ouest du pays, bien qu’en baisse ces dernières années, restent une menace pour les populations et la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA), opérationnelle depuis 2014, a par ailleurs déploré Ghazaka.
Avec notamment l’appui de la force onusienne, le gouvernement centrafricain est engagé à débarrasser le pays de ces engins explosifs mortels. Au cours de cette année, 16 d’entre eux ont été neutralisés et plus de 5.000 munitions détruites, selon les chiffres officiels.
Le soutien de la MINUSCA se matérialise par l’organisation de formations à l’intention des Forces de défense centrafricaines (FACA), la police et la gendarmerie, à la fouille opérationnelle, la neutralisation, l’enlèvement et la destruction de ces mines antipersonnel.
Des campagnes d’éducation organisées aussi à destination des populations favorisent « l’augmentation constante d’engins explosifs rapportés à travers le pays par les communautés et la diminution constante de la proportion d’explosions accidentelles et de victimes », se réjouit le lieutenant-colonel Ghazaka.
La RCA a ratifié en novembre 2002, après l’avoir signée en décembre 1999, la Convention des Nations Unies sur l’interdiction des mines antipersonnel, un traité international qui interdit l’emploi, la production, le stockage et le transfert de ces engins explosifs.
Une loi nationale spécifique en la matière est en cours d’élaboration en ce moment par le pouvoir de Bangui, avec la création d’une autorité nationale de lutte antimines. (Fin/2025)
Pour la première fois de son histoire, une délégation officielle centrafricaine est admise à participer aux réunions intersessionnelles de la Convention sur l’interdiction des mines antipersonnel prévues du 17 au 20 juin à Genève en Suisse. (Fin/2025)