Le prêtre assassiné lundi à Yaoundé était de nationalité togolaise

YAOUNDE, 9 octobre (Aznapress) — L’abbé Christophe Badjougou Komla, prêtre catholique assassiné par des individus armés non identifiés lundi soir à Yaoundé alors qu’il venait d’arriver dans la capitale camerounaise en provenance de Yagoua dans le Nord, en vue d’un voyage en Italie, était de nationalité togolaise, révèle un communiqué officiel détaillant les circonstances de son assassinat.
« En communion avec Monseigneur Barthélémy Yaouda et le peuple de Dieu du Diocèse de YAGOUA, l’Archidiocèse de YAOUNDE exprime sa profonde douleur suite au décès de Monsieur l’abbé Christophe BADJOUGOU KOMLA, de nationalité togolaise, froidement abattu par balles, dans la nuit du 7 octobre 2024 », indique l’avis de décès publié par Mgr. Jean Mbarga, l’archevêque de Yaoundé.
Le crime, attribué à « des gangsters », a lieu le lieu lundi soir « autour de 19h30 », « devant le portail des missionnaires du Cœur Immaculé de Marie (CICM) à Mvolyé », précise le texte dont Aznapress a obtenu copie mercredi matin.
Le quartier Mvolyé est un haut-lieu de l’Eglise catholique dans la capitale camerounaise. C’est notamment le siège de la Conférence épiscopale nationale du Cameroun, de la Basilique mineure Marie Reine des apôtres, du cimetière où sont enterrés les restes des premiers anciens chefs européens de l’Eglise basée à Rome en Italie, à l’instar de Mgr. René Graffin.
De nombreuses communautés religieuses y vivent aussi, dont la congrégation des missionnaires du Cœur Immaculé de Marie où l’abbé Christophe Badjougou Komla s’était rendu pour un bref séjour immédiatement après son arrivée dans la ville en provenance de Yagoua, son diocèse d’origine dans la région de l’Extrême-Nord, a rapporté à Aznapress son évêque, Mgr. Barthélémy Yaouda Hourgo.
Ce séjour était lié aux formalités que le prêtre assassiné devait effectuer en vue de l’obtention d’un visa pour l’Italie, où il devait se rendre par la suite pour y prendre part à une réunion à Rome, siège de l’Eglise catholique dans le monde, a par ailleurs fait savoir Mgr. Yaouda Hourgo, sous le choc depuis l’annonce de cet acte odieux commis contre « un prêtre formidable, très consciencieux ».
Dans son communiqué, l’archevêque de Yaoundé a également dénoncé l’assassinat du jeune togolais, soulignant que « les forces de l’ordre s’efforcent d’élucider les contours de ce meurtre. L’Archidiocèse de Yaoundé condamne fermement toute forme d’agression, de violence, de meurtres et rappelle à la conscience collective que toute vie humaine est sacrée et inviolable ».
Membre de la congrégation des Ouvriers silencieux de la Croix, l’abbé Christophe Badjougou Komla a été ordonné prêtre il y a dix ans par Mgr. Barthélémy Yaouda Hourgo.
Son corps sans vie gisant dans le sang a été découvert par la police alertée par les coups de feu dont il venait d’être l’objet, criblé de balles au niveau de l’abdomen, du bras et du cœur, selon un constat étable par celle-ci. Il a été déposé par la suite à la morgue de l’hôpital central de Yaoundé, suite aux indications de l’archevêque, Mgr. Jean Mbarga.
L’insécurité a gagné les grandes villes du Cameroun, dont Yaoundé. De nombreux évêques, prêtres, religieux et religieuses ont cependant été tués au quatre dernières décennies sans que ces crimes ne soient élucidés. (Fin)