Photographie de presse : une chercheure camerounaise prône une empreinte positive de l’IA

YAOUNDE, 14 juin (AZNAPRESS) — La révolution de l’intelligence artificielle qui s’opère à grande vitesse marque un tournant majeur dans la pratique du journalisme, notamment pour la photographie de presse, mais au Cameroun celle-ci doit veiller à privilégier une empreinte positive de la grande innovation technologique, a plaidé vendredi à Yaoundé Joséphine Abomo, chercheure.
Enseignante permanente de photojournalisme à l’Ecole supérieure des sciences et techniques de l’information et de la communication (ESSTIC) de Yaoundé, Joséphine Abomo s’est fait l’écho lors d’un festival international sur la photographie vendredi de ce que « la consommation de l’information photographique est devenue extraordinairement rapide ».
Alors que la photographie numérique s’est imposée comme une pratique normale, depuis le début du millénaire, la grande révolution qui bouleverse déjà cette pratique est le développement exponentiel de l’intelligence artificielle ou IA, a souligné la chercheure dans une communication intitulée « la photographie de presse à l’ère de l’intelligence artificielle : opportunités et risques ».
Sous le nom de YaoundéPhotoFest, le premier Festival international de la photographie du Cameroun rassemble du 12 au 15 juin au Musée national dans la capitale une quarantaine de professionnels et des experts du 6e art originaires d’une dizaine de pays, dont le Cameroun, l’Allemagne, l’Afrique du Sud, la France, la Guinée équatoriale, l’Espagne, la Côte d’Ivoire, Madagascar, le Mali et le Sénégal.
Une exposition intitulée « Nouveaux rêves, nouveaux imaginaires » y est organisée avec une centaine de photos de toutes les dimensions au menu, trait d’union entre la vieille garde et les nouvelles générations, et miroir des mutations technologiques qui influencent au fil du temps l’univers de la photographie, sans en épargner ses pratiques camerounaises et africaines.
Une partie de ces images est effectivement imprégnée des intelligences artificielles génératives auxquelles les jeunes professionnels affichent leur attachement pour faire valoir leur créativité.
INDIQUER LES IMAGES GENEREES PAR LES IA
Occasion pour Abomo de prôner une utilisation responsable de cette révolution, précisant que celle-ci « doit rester au service de la photographie de presse pour l’information du lecteur ». Autrement dit, les professionnels doivent garder à l’esprit de « profiter de son immense potentiel tout en donnant la priorité aux considérations éthiques ».
« Nous invoquons ici le concept d’IA responsable qui met l’accent sur la transparence, la responsabilité, la confidentialité et la participation des parties prenantes. Avec l’IA responsable, il est question d’optimiser l’exploitation des outils IA, tout en minimisant les résultats indésirables ; maximiser les bénéfices de l’IA tout en minimisant ses risques », a-t-elle éclairé.
Et d’ajouter : « Car il est important de réduire les risques de désinformation soit par le photographe, soit par le journaliste ou tout autre acteur de la chaîne de production de la photographie de presse. Le principe de transparence de l’IA responsable impose d’indiquer les images générées par les IA. »
Auteur d’une thèse de doctorat récemment soutenue sur la photographie de presse, la chercheure est elle-même photographe professionnelle anciennement en service à Cameroon Tribune, le quotidien à capitaux publics camerounais où elle été longtemps chargée de la couverture médiatique des activités de la première dame Chantal Biya et de grands événements internationaux.
Elle est aussi promotrice d’une association dénommée Photographie et Innovations. (Fin/2025)