Présidentielle au Cameroun : l’opposant Maurice Kamto définitivement recalé

YAOUNDE, 5 août (AZNAPRESS) — Au Cameroun, Maurice Kamto, rival du président Paul Biya et deuxième à la dernière élection présidentielle tenue en 2018 selon les résultats officiels, ne participera pas au prochain scrutin en octobre, le Conseil constitutionnel ayant rejeté mardi son recours introduit à la suite de l’invalidation de sa candidature par Elections Cameroon (ELECAM) la semaine dernière.
Maurice Kamto a voulu se présenter à l’élection présidentielle programmée le 12 octobre au Cameroun sous la bannière du Mouvement africain pour l’indépendance et la nouvelle démocratie (MANIDEM), une candidature jugée irrecevable par Elections Cameroon (ELECAM), au motif de « pluralité d’investitures » par ce même parti.
Le MANIDEM miné par des dissensions internes
Le MANIDEM est miné par des dissensions internes et s’est retrouvé devant l’organe en charge de l’organisation et de la gestion des élections au Cameroun avec deux postulants dont, en plus de Kamto, Dieudonné Yebga.
Ce dernier est l’actuel dirigeant de cette formation et contestait par conséquent l’investiture accordée à l’ex-leader du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) par le biais de son ancien chef Anicet Ekanè.
Aucun des deux acteurs politiques n’est finalement autorisé à prendre part à la course à la présidence camerounaise, selon les décisions rendues mardi, soit vingt-quatre heures après l’ouverture des débats, par le Conseil constitutionnel connues pour être sans recours.
Les conseils de Maurice Kamto, lui-même éminent jruriste, ont déclaré se soumettre au respect du verdict de la haute juridiction, tout en le qualifiant de « politique ».
« Ce n’est pas la victoire du droit, c’est la victoire des manœuvres politiques (…) Nous acceptons ce verdict, parce qu’il s’impose à tout le monde et nous disons que le Conseil constitutionnel, qui a pesé plus sur le volet politique que sur le doit, a tranché l’affaire. M. Kamto Maurice ne sera pas candidat à l’élection présidentielle du 12 octobre », a déclaré l’un d’eux à la presse.
Les lois camerounaises stipulent qu’un candidat à la magistrature suprême doit être investi par un parti politique disposant d’élus au sein des exécutifs communaux ou au Parlement, ou bien recueillir 300 signatures.
Boycott des élections municipales et législatives
En 2018, Maurice Kamto avait participé à l’élection présidentielle en tant que candidat du MRC dont il était le président jusqu’à son investiture par le MANIDEM pour le scrutin d’octobre prochain.
En 2020, il avait opté pour le boycott des élections municipales et législatives par son parti, privant celui-ci de la possibilité d’obtenir des sièges de conseillers municipaux et de députés à l’Assemblée nationale (Chambre basse du Parlement).
Le Conseil constitutionnel camerounais a été saisi de treize requêtes au total à la suite de la publication d’une liste de treize candidats retenus par ELECAM le 26 juillet, dont celle du président sortant Paul Biya, 92 ans et au pouvoir depuis 43 ans, sur 83 dossiers de candidatures enregistrés.
Beaucoup de ces candidatures étaient fantaisistes, n’ayant pu remplir les conditions requises dont notamment le versement d’une caution de 30 millions de francs CFA.
Appels à l’insurrection populaire
A l’ouverture de l’examen des requêtes devant le Conseil constitutionnel lundi à Yaoundé, des heurts ont éclaté entre des partisans de Maurice Kamto et les forces de maintien de l’ordre aux abords de l’édifice abritant la haute juridiction.
Dans le camp de l’opposant, divers appels à l’insurrection populaire avait été lancés contre le pouvoir en place.
Hors du pays, un autre groupe de partisans radicalisés a attaqué mardi les locaux abritant les services de l’ambassade du Cameroun à Bruxelles en Belgique, des actes régulièrement perpétrés contre mission diplomatique et d’autres dans d’autres pays européens depuis 2018.
« Ils ont rejeté la candidature du professeur. On casse tout, on casse tout. Ils ont rejeté sans candidature », scandaient les vandales opposés à la police belge qui tentait de contenir cet assaut violent, selon des images vidéo en circulation sur les réseaux sociaux. (Fin/2025)