Un prêtre froidement assassiné à Yaoundé, hommage émouvant de son évêque

YAOUNDE, 8 octobre (Aznapress) — Un prêtre venu de Yagoua dans le Nord-Cameroun a été assassiné froidement par des individus armés peu après son arrivée lundi soir à Yaoundé où il devait obtenir son visa pour un voyage en Italie, annoncent mardi les autorités de l’Eglise catholique qui déplorent la disparition brutale d’un collaborateur « formidable ».
L’assassinat de l’abbé Christophe Badjougou, qui faisait le tour des réseaux sociaux mardi, a plongé sous le choc les fidèles et la hiérarchie de l’Eglise catholique qui s’interrogeaient sur les auteurs et les mobiles de cet acte odieux.
Le corps sans vie baignant dans le sang de l’homme de Dieu avait été découvert par police la veille à Mvolyé, quartier de Yaoundé abritant le siège de la Conférence épiscopale nationale du Cameroun et de nombreuses communautés religieuses de l’Eglise basée à Rome en Italie, selon les témoignages.
Sur les circonstances de ce crime, Mgr. Barthélémy Yaouda Hourgo, l’évêque de Yagoua, joint au téléphone par Aznapress mardi soir, a indiqué qu’à son arrivée la veille dans la capitale camerounaise en provenance de cette localité de la région de l’Extrême-Nord, l’abbé Christophe Badjougou « est allé directement chez les religieux à Mvolyé pour chercher un logement pour passer la nuit ».
« Il avait encore ses bagages avec lui », a-t-il précisé, avant d’ajouter : « D’après ce que le chancelier de Yaoundé nous a dit, ses assassins ont cherché à arracher son sac. Il s’est bien défendu mais ses bourreaux ont le dessus sur lui et l’ont abattu ».
Cible de cinq tirs, le prêtre âgé de moins de 50 ans, d’après Mgr. Yaouda Hourgo, a été tué de trois balles dans l’abdomen, au bras et au cœur, selon le constat établi par la police venue en intervention après avoir été alertée par les coups de feu.
Le corps de la victime a été déposé à la morgue de l’Hôpital central de central, selon les indications données par Mgr. Jean Mbarga, l’archevêque de Yaoundé, ont précisé les mêmes sources.
En service à la paroisse de Zouzoui, l’abbé Christophe Badjougou était membre des Ouvriers silencieux de la Croix, une congrégation religieuse catholique basée dans le diocèse de Yagoua qui couvre les départements de Mayo-Danay, Mayo-Kani et Logone et Chari, dans la région de l’Extrême-Nord du Cameroun.
« Je ne fais que pleurer parce que Christophe est un prêtre formidable, qui n’aime pas les problèmes. C’est quelqu’un qui fait bien son travail, il est très consciencieux. C’est moi qui l’ai ordonné parce que la congrégation n’est pas encore reconnue par Rome. De ce fait, c’est moi qui parraine la congrégation qui se trouve dans mon diocèse », a fait savoir à Aznapress Mgr. Yaouda Hourgo, en larmes.
Badjougou devait se rendre à Rome en Italie, pour une réunion de sa congrégation. « Il a été en congé au Togo, il est revenu par le Tchad et il est sorti par Bongor. Moi je suis à 250 kilomètres de N’Djamena. Il est venu me trouver ici jeudi et vendredi on a travaillé toute la journée, parce que j’ai écrit beaucoup de lettres qu’il devait amener en Italie », a encore précisé Mgr. Yaouda Hourgo.
« J’ai aussi écrit à l’ambassadeur d’Italie pour qu’il lui donne le visa, puis au nonce [apostolique]. Il devait aller à la nonciature aujourd’hui |mardi] pour la lettre du nonce et pour l’ambassade pur obtenir le visa et partir en voyage en Italie », a-t-il révélé par ailleurs.
L’insécurité a gagné les grandes villes du Cameroun, dont Yaoundé. De nombreux évêques, prêtres, religieux et religieuses ont cependant été tués au quatre dernières décennies sans que ces crimes ne soient élucidés. (Fin)