Visite du gouverneur de l’Etat nigérian de Borno au Cameroun après des attaques de Boko Haram

MAROUA (EXTRÊME-NORD), 21 mai (Aznapress) — Le gouverneur de l’Etat de Borno, Babagana Umara Zulum, dans le Nord-Est du Nigeria, s’est rendu lundi à Wulgo, localité de la région de l’Extrême-Nord du Cameroun secouée par la recrudescence des attaques présumées de Boko Haram, apprend-on de sources locales.
C’est une visite ayant pour but le renforcement de la coopération sécuritaire transfrontalière à laquelle ont pris des autorités militaires des deux pays voisins qui, par le biais d’accords politiques assortis du droit de poursuite, ont décidé depuis 2015 de mutualiser leurs efforts pour combattre la menace jihadiste présente sur leurs territoires respectifs, ont indiqué ces sources à Aznapress.
Dans la même foulée, le Cameroun et son grand voisin d’Afrique de l’Ouest se sont accordés avec le Niger et le Tchad pour la mise sur pied toujours en 2015 d’une force multinationale mixte (FMM) de la Commission du Bassin du lac Tchad (CBLT), à laquelle ils appartiennent tous, pour la lutte contre Boko Haram, avec son état-major installé à Mora, à l’Extrême-Nord du Cameroun.
L’Etat de Borno, frontalier avec cette région, est notamment connu pour être l’épicentre des violences perpétrées par Boko Haram depuis plus de quinze ans au Nigeria et déportées par la suite au Cameroun ainsi qu’au Niger et au Tchad.
Cet Etat fédéré recense près de deux millions de déplacés internes, des victimes de cette crise regroupées dans des camps que le gouverneur Babagana Zulum a décidé de fermer cette année pour permettre leur retour dans leurs foyers. Pour sa part, le Cameroun accueille plusieurs dizaines de milliers de réfugiés nigérians.
La visite du dirigeant nigérian intervient après une série d’attaques violentes de Boko Haram, dont la plus meurtrière survenue à Wulgo avait causé la mort d’au moins onze soldats et de nombreux blessés le 24 mars, jour de la commémoration de la création en 1985 du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC, au pouvoir), selon un bilan établi par des sources militaires. (Fin)