Annoncé mort par une rumeur, le président Paul Biya de retour après un long séjour à l’étranger

YAOUNDE, 21 octobre (Aznapress) — Le président camerounais Paul Biya a regagné son pays lundi soir après un séjour à l’étranger entamé début septembre à l’occasion du sommet du Forum sur la coopération sino-africaine (FOCAC) auquel il avait pris part à Pékin en Chine et poursuivi à Genève en Suisse, de sorte qu’une rumeur a annoncé son décès et semé le doute au sein de l’opinion publique.
L’avion transportant à son bord le dirigeant camerounais ainsi que son épouse Chantal Biya et des membres de son entourage a atterri lundi peu avant 17H, heure locale, à l’aéroport international de Yaoundé-Nsimalen, où une foule de militants de son parti, le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), s’est massée depuis plusieurs heures pour l’accueillir dans l’effervescence.
Le long de l’itinéraire menant du palais présidentiel sis au quartier Etoudi à Yaoundé à l’aéroport, de nombreux messages ont aussi été imprimés sur de grands panneaux à l’effigie du chef de l’Etat. Avec un imposant dispositif sécuritaire.
Cette mobilisation populaire orchestrée par la hiérarchie du parti présidentiel était destinée à répondre aux adversaires de Paul Biya, 91 ans d’âge et au pouvoir depuis 1982, qui ont profité de sa longue absence du pays pour distiller au sein de l’opinion publique des rumeurs l’annonçant tantôt décédé, tantôt en très mauvais état de santé.
Certains ont invoqué une crise institutionnelle relative à la vacance du pouvoir, ignorant que le dispositif constitutionnel relatif à un tel scénario en cas d’absence prolongée de 45 jours du chef de l’Etat ou son incapacité physique à continuer d’exercer ses fonctions avait été supprimé lors d’une session extraordinaire de l’Assemblée nationale convoquée en avril 2011.
Tenues à la suite de la session ordinaire du mois de mars, ces assises de la Chambre basse et l’unique du Parlement camerounais à l’époque avaient également été marquées par l’adoption à la majorité des députés présents du projet de loi portant sur la libéralisation du secteur de l’électricité.
Les principaux leaders de l’opposition camerounaise sont toutefois restés prudents au sujet du prétendu décès de Paul Biya, en se gardant de faire des déclarations.
En réaction à ces rumeurs qu’elles ont dénoncées en les qualifiant de fake news, les autorités camerounaises ont, par la voix de Paul Atanga Nji, le ministre de l’Administration territoriale, lors d’une déclaration à la presse, mis en garde les auteurs contre des mesures répressives et interdit tout débat dans les médias sur la santé du président.
Peu auparavant, Samuel Mvondo Ayolo, le directeur du cabinet civil de la présidence, avait déclaré dans un communiqué que le chef de l’Etat « vaquait à ses occupations » depuis Genève en Suisse où il séjournait.
Il y a vingt ans, également absent de son pays pour un séjour relativement long à l’étranger, une rumeur semblable sur son décès avait agité les esprits au Cameroun, à l’approche de la tenue de la présidentielle d’octobre 2004.
« Le fantôme vous salue bien », avait-il alors ironisé à sa descente d’avion de retour de ce séjour, au micro de la Cameroon Radio and Television (CRTV, le service de l’audiovisuel public). Avant d’ajouter : « Pour ceux qui s’intéressent à ma mort, je leur donne rendez-vous dans une vingtaine d’années ». (Fin)