Présidentielle américaine 2024 : un remake de 2008 ?

YAOUNDE, 22 octobre (Aznapress) — A deux semaines de la prochaine présidentielle américaine, Kamala Harris et Donald Trump jettent leurs dernières forces dans la bataille en vue d’une victoire le 5 novembre lors d’un scrutin présentant la possibilité de voir l’Amérique élire à sa tête pour la deuxième fois de son histoire une personne issue de l’immigration, qui est par ailleurs une femme.
Le Blanc pur-sang ou bien l’Asiatique noire ? Cette élection à venir ressemble à un référendum constitutionnel où les électeurs d’une nation sont appelés à se prononcer par oui ou par non sur une orientation majeure à donner à l’évolution de leur communauté de destins.
En 2008, le sénateur noir de l’Illinois Barack Obama, fils d’un père kényan parti aux Etats-Unis pour poursuivre ses études supérieures et marié à une Américaine blanche, l’emporte par une victoire sans appel face au républicain blanc sans-tache et vétéran de guerre John McCain.
La puissante Amérique esclavagiste et ségrégationniste venait alors d’amorcer le chantier consistant à exorciser ses vieux démons et se réconcilier avec elle-même.
Avec la vice-présidente et ex-procureure Kamala Harris, qui concentre en elle des chromosomes indien et noir, le même scénario va-t-il se reproduire face à l’ex-président Donald Trump, autre Blanc pur-sang ?
« Je suis la preuve empirique de la promesse de l’Amérique », se définit-elle.
Il est évident que la question raciale, bien qu’elle ne soit pas abordée ouvertement, est centrale dans la présidentielle américaine du 5 novembre.
Selon le géostratège Joseph Vincent Ntuda Ebodé enseignant à l’Université de Yaoundé II au Cameroun, interrogé par Aznapress, une victoire de la candidate démocrate sur son adversaire républicain marquera « une rupture » nette aux Etats-Unis.
D’ores et déjà, le vote ethnique retient l’attention des instituts d’enquêtes sociologiques. Il peut notamment être amené à jouer un rôle de joker pour faire basculer la balance d’un côté et départager les deux candidats qui se disputent les suffrages des 244 millions d’électeurs américains inscrits sur les listes électorales cette année pour la désignation de leur 47e président.
Les Latinos ou Hispaniques représentent la minorité ethnique la plus importante aux Etats-Unis, devant les Noirs, les Asiatiques, etc.
L’échiquier politique est dominé par deux grands blocs : le Parti démocrate et le Parti républicain. De petites formations existent avec une faible assise nationale.
La transhumance politique est également de mise, permettant à un militant d’un parti de changer de bord comme bon lui semble. C’est le cas de Donald Trump, tantôt démocrate, tantôt républicain.
Des candidatures indépendantes sont admises lors de l’élection présidentielle.
En plus de Kamala Harris et de Donald Trump, quatre autres candidats sont en lice cette année : Cornel West, candidat indépendant mais affilié au People’s Party, Chase Olivier du Parti libertin, Randall Terry du Parti de la Constitution et Jill Stein du Parti écologique.
Robert Francis Kennedy Jr., neveu de l’ex-président John F. Kennedy et membre du Parti démocrate, se présentait aussi, comme candidat indépendant, mais il a décidé de se retirer pour soutenir Donald Trump.
LES 244 MILLIONS D’ELECTEURS INSCRITS VONT ELIRE 538 GRANDS ELECTEURS
Le président et le vice-président sont élus au suffrage universel indirect. Le 5 novembre, les 244 millions d’électeurs inscrits vont élire un total de 538 grands électeurs. Ceux-ci voteront par la suite pour désigner les deux futures têtes de l’exécutif pour les quatre prochaines années.
Pour être élu pour diriger la première puissance mondiale, un candidat doit recevoir le vote de la majorité de ces 538 grands électeurs, soit au moins 270.
A l’exception du Maine et du Nebraska, le candidat à la présidence et son colistier qui reçoivent la majorité des votes d’un Etat remportent la totalité des grands électeurs de cet Etat, selon le principe de « winner-takes-all ».
De la sorte, sans attendre le vote des grands électeurs qui pour cette année aura lieu le 17 décembre, le nom du vainqueur de l’élection est connu à l’issue du dépouillement des votes.
Les Etats-Unis sont connus pour être un pays très divisé politiquement : il y a des Etats comme New York, la Californie ou le Maryland qui votent traditionnellement pour les démocrates et d’autres, pour les républicains, comme le Montana et les Etats du Midwest.
Dans sept Etats, le vote est généralement indécis et peut basculer pour l’un des deux grands partis. Ces Etats sont communément appelés Swing States, Etats pivots ou encore Etats-clés. Ils fournissent au total 93 grands électeurs.
Vient en tête, la Floride (30 grands électeurs), suivi de la Pennsylvanie (19), la Californie du Nord (16), la Géorgie (16), le Michigan (15), l’Arizona (11) et la Wisconsin (10).
Cette liste évolue d’élection en élection, au gré des dynamiques démographiques et de la personnalité des candidats. En 1992 par exemple, ils étaient 22. Depuis les deux derniers scrutins de 2016 et 2020, la Floride s’est muée pour devenir un bastion républicain.
De même, 0,027 de votants américains peuvent décider du sort de l’élection présidentielle. (Fin)