Au Cameroun, un décret présidentiel fixe l’objectif de 4,4% de croissance du PIB en 2025

YAOUNDE, 23 octobre (Aznapress) — Une croissance de 4,4% du produit intérieur brut (PIB) est attendue en 2025 au Cameroun, pour l’atteinte des objectifs de progrès économique et social définis dans la Stratégie nationale de développement à l’horizon 2030 (SND30), a indiqué un décret présidentiel publié mercredi soir.
Cet objectif se situe au même niveau que les 4,4% de projection de la Banque africaine de développement (BAD) concernant la première économie de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC, composée en outre du Congo, du Gabon, de la Guinée équatoriale, de la République centrafricaine et du Tchad) au cours de l’année à venir.
Egalement proches des prévisions du Fonds monétaire international (FMI) établies à plus de 4% à moyen terme, les prescriptions du président camerounais Paul Biya à son gouvernement mercredi pour l’élaboration du budget de l’Etat est cependant légèrement en dessous des 4,5% de projection de la Banque mondiale pour la période 2025-2027.
En 2023, le PIB camerounais avait enregistré un léger recul à 3,3% contre 3,6% en 2022, un ralentissement ayant touché tous les secteurs de l’économie et que la Note de conjoncture économique du Cameroun 2024 de la Banque mondiale publiée en août a attribué à trois facteurs : des investissements publics plus faibles que prévu, la hausse des prix et les conflits internes persistants.
Depuis 2017, le Cameroun est secoué une crise séparatiste dans ses deux régions anglophones du Sud-Ouest et du Nord-Ouest, tandis que l’Extrême-Nord continue de subir les attaques de la secte islamiste Boko Haram.
Pour les trois années à venir, une augmentation des investissements publics est attendue avec l’approvisionnement énergétique, comme principaux facteurs d’amélioration de ces indicateurs économiques, estime la Banque mondiale.
D’ici à fin 2024 en effet, les pouvoirs publics camerounais prévoient d’injecter 420 mégawattheures supplémentaires de courant électrique issu du barrage de Nachtigal en construction à Batschenga, une localité proche de Yaoundé, pour porter la capacité de production installée nationale à plus de 2.000 mégawattheures.
De 3,6% en 2022 puis 3,8% en 2023, grâce notamment aux bons résultats des secteurs de la sylviculture et de l’exploitation forestière et au dynamisme du secteur des services, la BAD estime pour sa part que cette croissance va poursuivre son accélération pour s’établir à 4,1% au terme de 2024 (contre 4%, pour la Banque mondiale).
Pour la BAD, cette progression du PIB, avec les 4,4% de projection pour 2025, est justifiée par une augmentation progressive de la production nationale de gaz et la hausse des cours mondiaux des matières premières.
Le pays a aussi tiré profit de la hausse des cours mondiaux du pétrole qui, combinée avec une meilleure rationalisation des dépenses publiques et des politiques visant à élargir l’assiette fiscale, ont permis une réduction du déficit budgétaire public de 1,1% en 2022 à 0,9% en 2023.
Les exportations de gaz continuent aussi d’augmenter.
Les orientations présidentielles pour la loi de finances en préparation pour 2025 recommandent de ramener le déficit budgétaire à un taux plus faible de 0,3% et de contenir l’inflation à 4%.
Celle-ci, d’abord à 6,3% en 2022, a encore grimpé à 7,4% en 2023, selon les estimations officielles qui pointent la hausse des prix des denrées alimentaires et les coûts de transport.
De l’avis de la Banque africaine de développement, les guerres en Ukraine et à Gaza dans les Territoires palestiniens avec leurs conséquences négatives sur les chaînes d’approvisionnement représentent cependant des risques pour freiner le Cameroun dans l’atteinte des objectifs de sa Stratégie nationale de développement à l’horizon 2030 (SND30).
« Pour assurer une transformation structurelle, recommande l’institution financière, le pays doit redoubler d’efforts pour mobiliser non seulement les ressources nationales, mais aussi les ressources extérieures concessionnelles nécessaires au financement des projets d’infrastructure dans les domaines de l’énergie et dans les transports à un prix abordable. »
La lettre circulaire présidentielle au gouvernement a insisté sur l’efficacité de la réalisation des nouveaux investissements publics par une planification, une maturation et une programmation rigoureuses. Elle a aussi appelé à « honorer les engagements financiers [de l’Etat] en toute circonstance ». (Fin)