YAOUNDE, 30 octobre (Aznapress) — Un cadre de travail peu valorisant caractérisé par des brimades, un manque d’encouragements et de gratifications : peu connu, le burn-out ou l’épuisement professionnel associé à d’autres types de détresse mentale cause d’énormes ravages au Cameroun avec des conséquences parfois dramatiques comme les suicides ou les meurtres.
« Tu te plains trop » ou encore « celui-là se plaint trop » et « celle-là se plaint trop » : voilà autant de réactions révélatrices d’une attitude d’insensibilité et d’indifférence que beaucoup de Camerounais ont fini par développer face aux appels de détresse morale et psychologique émis par d’autres personnes autour d’eux.
Pourtant, comme l’a souligné dans une interview avec Aznapress le professeur Félicien Ntoné Enyimé, psychiatre de renom par ailleurs directeur général du Centre hospitalier universitaire de Yaoundé (CHUY, public), « l’épuisement professionnel est de plus en plus noté au Cameroun ».
Certes, aucune enquête n’existe pour pouvoir établir une quelconque échelle de valeurs concernant cette « maladie assez pernicieuse », selon la définition de Ntoné Enyimé. Mais, le mal est rampant.
Nombreux sont les travailleurs dans les administrations publiques et les entreprises privées qui se plaignent à voix basse, pour éviter des représailles plus violentes, des méchancetés en tous genres subies de la part de leurs supérieures hiérarchiques.
Insultes publiques, refus d’augmentations de salaire, de primes et de missions hors du lieu de travail, manque d’encouragements : toutes les méthodes dévalorisantes sont mises en œuvre pour humilier et faire craquer mentalement le collaborateur ou la collaboratrice qui tente d’échapper au harcèlement sexuel ou aux codes de soumission de la hiérarchie.
Associée à une vie sentimentale ou conjugale désastreuse à cause d’un partenaire violent, le burn-out prend alors des proportions dramatiques pour virer aux suicides ou aux meurtres. (Fin)