Marché commun de la CEMAC : préférence commerciale pour la viande bovine, le poisson, les céréales, les tubercules

YAOUNDE, 22 janvier (AZNAPRESS) — Soucieuse de renforcer la compétitivité de ses économies grippée par une multitude de faiblesses structurelles qui les rendent vulnérables aux chocs, la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) s’engage à donner un coup d’accélérateur à sa politique d’import-substitution des produits du cru.
Réunis en sommet extraordinaire ce jeudi 22 janvier à Brazzaville au Congo, les chefs d’Etat de l’organisation sous-régionale ont été invités à entériner une proposition de l’Union économique de l’Afrique centrale (UMAC, institution chargée de la supervision de la politique économique communautaire) destinée à instituer la préférence commerciale au profit de quelques produits du cru.
Une liste de quatre produits issus de l’agriculture et de l’élevage est arrêtée, comprenant notamment la viande bovine, le poisson, les céréales (le riz) et les tubercules (le manioc).
Pour les dirigeants du Cameroun, du Congo, du Gabon, de la Guinée équatoriale, de la République centrale (RCA) et du Tchad, les six pays de la CEMAC, il s’agit d’accroître la production locale de ces produits et leur commercialisation, tout en favorisant la création et la promotion des entreprises à vocation communautaire dans chacune des filières mentionnées.
Des lois et des directives pour une préférence nationale des produits locaux
Le but étant de renforcer la compétitivité des économies nationales de la zone et de réduire la sortie des devises, les Etats membres et la Commission de la CEMAC, instance administrative de l’organisation, s’accordent à faire voter des lois et instituer des directives pour une préférence nationale des produits locaux.
La mesure consiste à aussi, explique-t-on, à harmoniser la fiscalité de la sous-région et de supprimer certains prélèvements et taxes appliqués sur le riz, la viande, le poisson et le manioc pour faciliter leur commercialisation, à labelliser « Origine CEMAC » les produits du cru, à les privilégier dans la commande publique et la gestion des situations d’urgence humanitaire.
Autre mesure annoncée, la limitation du règlement en devises, à hauteur de 60% du volume des importations des produits du cru, en conformité avec les règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF) instituée par l’Union africaine (UA) en 2021. (FIN/2026)