YAOUNDE, 23 janvier (AZNAPRESS) — Dans la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC, composée du Cameroun, du Congo, du Gabon, de la Guinée équatoriale, de la République centrafricaine et du Tchad), les autorités monétaires déplorent un faible engouement pour les souscriptions des titres publics et des tensions accrues sur le marché de la dette.
« Les tensions sur le marché de la dette souveraine s’accentuent. Le taux moyen de souscription des titres publics reste à des niveaux bas (environ 75%) et les rendements des bons et obligations du Trésor (BTA et OTA) continuent d’augmenter, signalant la réticence et la capacité de plus en plus limitée des banques à absorber plus de dette », souligne un rapport de l’Union monétaire de l’Afrique centrale (UMAC).
En marge d’un sommet extraordinaire de la CEMAC tenu jeudi 22 janvier à Brazzaville au Congo, cet organe de supervision de la politique monétaire de l’organisation sous-régionale a alerté sur le caractère peu viable des économies nationales qui limite leurs capacités à attirer les investisseurs, avec un climat des affaires régulièrement cité par les rapports de la Banque mondiale pour la corruption endémique y ayant cours et des lourdeurs administratives.
Engagés les uns et les autres dans une série de projets d’infrastructures majeures dans les domaines de l’énergie et des transports, dont des barrages hydroélectriques, des ports, des aéroports et des routes, les pays de la CEMAC ont fait le choix des émissions des titres publics et des obligations du Trésor comme une des sources principales de financement pour la réalisation de ces chantiers.
A cause des retards de règlement de la dette, les taux d’intérêt, élevés pour beaucoup de cas au moment de l’émission des emprunts, se retrouvent soumis à une révision à la hausse.
Conséquence, entre persistance des déficits budgétaires et extérieurs, accumulation de la dette publique, hausse du taux d’endettement public et exposition de plus en plus croissante du régime bancaire au risque souverain, la zone CEMAC est aujourd’hui confrontée à une situation macroéconomique alarmante.
L’inaction décriée des décideurs dans la mise en œuvre des mesures urgentes de redressement de la situation et d’exécution des réformes structurelles adoptées en décembre 2024 a poussé le Fonds monétaire international (FMI) à brandir la menace de retrait de ses appuis financiers qui représentent pourtant 40% du stock des réserves de change de la zone. (FIN/2026)