La CEMAC prescrit le rapatriement de la totalité des avoirs des Etats membres détenus à l’extérieur

YAOUNDE, 21 janvier (AZNAPRESS) — Pour tenter de résorber les déficits budgétaires de ses Etats membres et redresser leurs balances commerciales sans cesse déficitaires, une réunion de l’Union économique de l’Afrique centrale (UEAC) s’est prononcée le mercredi 21 janvier à Brazzaville au Congo en faveur du rapatriement de la totalité des avoirs de ces pays détenus à l’extérieur.
Cette décision constitue l’une des mesures prises en marge d’un sommet extraordinaire des chefs d’Etat de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC, composée du Cameroun, du Congo, du Gabon, de la Guinée équatoriale, de la République centrafricaine et du Tchad) prévu ce jeudi 22 janvier dans la capitale congolaise.
Les analyses officielles indiquent que cette zone fait face à une crise de liquidités qui fragilise ses économes alors que « certains agents économiques résidant dans la CEMAC détiendraient des avoirs extérieurs importants, hors réserves de change gérées par la Banque Centrale », note la Banque des règlements internationaux (BRI) citée par le rapport de l’UEAC, une institution de la CEMAC dédiée à l’élaboration et la surveillance de la politique économique communautaire.
Le montant des dépôts à l’étranger est évalué à 4,95 milliards de dollars US
Selon les chiffres publiés par cette institution internationale basée à Bâle en Suisse, le montant des dépôts à l’étranger des résidents de la CEMAC, en baisse de 31,9% par rapport à 2023, est évalué à 4,95 milliards de dollars américains (US). Une part importante de ce volume revient aux administrations centrales et entreprises publiques, précise l’UEAC.
Pour celle-ci, « à titre de comparaison, le niveau des réserves de change était de 11,56 milliards de dollars US au 31 décembre 2024. Si ces dépôts étaient rapatriés et rétrocédés à la BEAC [Banque des Etats de l’Afrique centrale, NDLR], les réserves de change auraient connu une hausse de 42,8%. Ces fuites des réserves de change fragilisent sans doute la stabilité extérieure de la monnaie [le franc CFA lié par une parité fixe à l’euro, NDLR] ».
Aucune information n’est cependant fournie quant aux destinations de ces fonds essentiellement constitués de recettes d’exportations.
Le principe de l’Union monétaire de l’Afrique centrale (UMAC), autre institution de la CEMAC dédiée à l’élaboration et la surveillance de la politique monétaire communautaire, consacré par ses textes, de même que les statuts de la BEAC et la Convention du Compte d’Opérations imposent pourtant à tous les pays membres de la CEMAC et aux agents économiques de centraliser à la banque centrale toutes les recettes d’exportations.
En 2018, la mise en œuvre de la réglementation des changes avait permis d’améliorer le taux de rapatriement des avoirs des agents économiques non publics de la région.
Lors de ses travaux tenus mercredi à Brazzaville, le Conseil des ministres de l’UEAC a entériné une proposition de la réunion de l’Union monétaire de l’Afrique centrale tenu deux jours auparavant, concernant la mise en place d’un dispositif de suivi des avoirs placés à l’extérieur avec pour mission de tout mettre en œuvre pour assurer leur rapatriement dans la CEMAC. (FIN/2026)La CEMAC prescrit le rapatriement de la totalité des avoirs des Etats membres détenus à l’extérieur