Menace de retrait des appuis du FMI aux pays de la CEMAC : un sommet d’urgence ce jeudi à Brazzaville

YAOUNDE, 21 janvier (AZNAPRESS) — Le président congolais Denis Sassou-Nguesso et ses pairs de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) se réunissent lors d’un sommet extraordinaire ce jeudi 22 janvier à Brazzaville, pour prendre des mesures idoines visant à empêcher la suspension des appuis octroyés par le Fonds monétaire international (FMI) à leurs pays.
A l’heure actuelle, le stock des réserves de change de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC), qui regroupe le Cameroun, le Congo, le Gabon, la Guinée équatoriale, la République centrafricaine (RCA) et le Tchad, les six pays membres de la CEMAC, est constitué à près de 40% des appuis du FMI, selon les estimations officielles.
L’institution internationale basée à Washington aux Etats-Unis menace de couper ces interventions en raison des lenteurs dans l’exécution des réformes structurelles nécessaires pour redresser la situation macroéconomique de ces pays qualifiée d’alarmante.
Pour la CEMAC, un tel scénario fait craindre le risque d’une dévaluation de sa monnaie, le franc CFA, arrimée par une parité fixe à l’euro.
Au menu du sommet extraordinaire qui se tient ce jeudi dans la capitale congolaise, cette question qui hante les esprits fait appel à l’urgence soulignée par le FMI pour ses partenaires d’Afrique centrale, d’engager des mesures coercitives fortes, cohérentes et coordonnées pour enrayer les tares qui freinent le renforcement de la compétitivité de leurs économies.
Avec un tissu industriel à l’état embryonnaire, la structure de ces économies reste dominée par les exportations de matières premières brutes (hydrocarbures, mines, produits agricoles), d’où une balance commerciale déficitaire chronique.
Les principaux sujets de préoccupation se résument par la persistance des déficits budgétaires, l’accumulation des arriérés de la dette publique, la hausse du taux d’endettement public et l’explosion de plus en plus croissante du régime bancaire au risque souverain.
La poursuite des politiques budgétaires expansionnistes dans la plupart des lois de finances de 2026 n’aide pas à inverser la tendance des contreperformances.
La BEAC projette une poursuite de la dégradation des finances publiques et des comptes extérieurs, avec un creusement du déficit budgétaire de l’ordre de -3,1% du PIB contre -2,9% du PIB en 2025 et +0,3% du PIB en 2024, et un creusement du déficit courant de -1,5% du PIB contre -1,4% du PIB en 2025 et +0,3% du PIB en 2024. (FIN/2026)