Au Cameroun, les souffrances sociales augmentent les accidents vasculaires cérébraux

YAOUNDE, 30 octobre (Aznapress) — Un jeune pilote qui s’écroule en faisant ses emplettes dans un supermarché puis rend l’âme, un responsable de la présidence de la République retrouvé dans le coma à la suite d’une séance de jogging en plein air, etc. : au Cameroun, les spécialistes s’inquiètent de la hausse des accidents vasculaires cérébraux au sein de la population.
Conséquence d’une vision manquée de la santé mentale au Cameroun où le bien-être individuel et collectif préoccupe peu y compris de la part de certains dirigeants politiques coupables d’injustices sociales à l’égard de leurs propres compatriotes, les accidents vasculaires cérébraux ou AVC se confondent aujourd’hui avec le quotidien des Camerounais.
« Il y a très longtemps qu’on a atteint la cote d’alerte », a observé dans une interview avec Aznapress le professeur Félicien Ntoné Enyimé, psychiatre émérite par ailleurs directeur général du Centre hospitalier universitaire de Yaoundé (CHUY), public.
Double baisse des salaires des fonctionnaires et agents de l’Etat consécutive à la dévaluation du franc CFA au début des années 1990, pouvoir d’achat faible, torture morale et psychologique en milieu professionnel, chômage, injustices sociales : la liste des souffrances mentales observées au sein de la population camerounaise est longue.
Ce qui n’est pas pour arranger les choses, la prise en charge de la santé mentale est négligée dans le pays d’Afrique centrale, déplore Ntoné Enyimé pour qui, pourtant, « en diminuant les souffrances et la pénibilité de tous les jours, on peut prévenir la survenance des AVC ».
Qu’il s’agisse du stress physique, du stress mental ou du stress social, le spécialiste de la santé mentale recommande une hygiène de vie qui consiste à éviter une exposition nocive à ces situations stressantes « pour diminuer au maximum le risque d’avoir l’AVC ».
Le rôle des pouvoirs publics est notamment primordial pour écouter la détresse des populations qui ploient sous le coup des pénibilités et y apporter des réponses satisfaisantes, en l’occurrence en ce qui concerne les injustices sociales et la faiblesse du pouvoir d’achat. (Fin)