Première participation de la RCA aux réunions intersessionnelles de l’ONU sur les mines antipersonnel

BANGUI, 12 juin (AZNAPRESS) — La République centrafricaine (RCA) va prendre part pour la première fois dans l’histoire aux réunions intersessionnelles sur la Convention des Nations Unies sur l’interdiction des mines antipersonnel prévues du 17 au 20 juin à Genève en Suisse, selon une source officielle à Bangui.
« La République centrafricaine se fera représenter, la semaine prochaine à Genève pour la première fois, aux réunions intersessionnelles des Etats parties à ladite Convention, pour présenter les progrès et les besoins [du pays, NDLR] à la communauté internationale », a déclaré mercredi à la presse à Bangui le lieutenant-colonel Ghazaka, point focal national de la lutte antimines.
Pays enclavé d’Afrique centrale sans accès à la mer, la RCA est marquée par des décennies de conflit qui ont entravé ses efforts de développement et détérioré le climat sécuritaire.
La crise la plus récente et la plus meurtrière, consécutive à la prise du pouvoir par l’alliance rebelle de la Séléka contre le régime de François Bozizé le 25 mars 2003 à Bangui, a pris officiellement fin avec l’élection à la présidence en 2016 de Faustin Archange Touadéra, actuel chef de l’Etat, mais sans faire taire les armes dans le pays toujours plongé sous la menace de groupes armés.
PLUS DE 285 INCIDENTS ET PLUS DE 270 VICTIMES DECLARES
Le territoire centrafricain est par conséquent parsemé d’engins explosifs qui représentent l’un des défis sécuritaires nationaux majeurs, avec plus de 285 incidents et plus de 270 victimes déclarés, en majorité des civils, selon les chiffres officiels sur les cinq dernières années.
Avec l’appui de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA), opérationnelle depuis 2014, le gouvernement tente de débarrasser le pays de ce fléau mortel.
C’est dans ce cadre que se situe sa participation aux réunions intersessionnelles de la Convention sur l’interdiction des mines antipersonnel programmes du 17 au 20 juin prochain au Centre international de conférences de Genève (CICG) en Suisse.
La composition de la délégation officielle désignée pour prendre part à ces travaux n’a pas été dévoilée par le lieutenant-colonel Ghazaka, point focal de la lutte antimines désigné par le ministre de de la Défense.
La Convention sur l’interdiction des mines antipersonnel est un traité international qui interdit l’emploi, la production, le stockage et le transfert de ces engins explosifs mortels. Ouverte à la signature le 3 septembre 1997 à Ottawa au Canada, elle est entrée en vigueur le 1er mars 1999 et compte à ce jour 165 Etats parties, sans les Etats-Unis, la Chine et la Russie.
La RCA a signé le protocole relatif à cet instrument juridique le 1er décembre 1999, avant de le ratifier le 8 novembre 2002. Une loi nationale spécifique en la matière est en cours d’élaboration en ce moment à Bangui, avec la création d’une autorité nationale de lutte antimines. (Fin/2025)