Photographie : imaginaires d’Afrique dans le viseur du numérique et de l’IA à Yaoundé

YAOUNDE, 13 juin (AZNAPRESS) — Entre classiques et contemporains, une quarantaine de professionnels de l’image originaires d’une dizaine de pays d’Afrique et d’ailleurs incarnant, les uns la vieille garde, et les autres les jeunes générations, tiennent la vedette à l’occasion d’une exposition organisée du 12 au 15 juin au Musée national du Cameroun à Yaoundé.
Avec une centaine de photos de toutes les dimensions au menu, l’exposition intitulée « Nouveaux rêves, nouveaux imaginaires » dévoile un important panorama émanant d’une multitude d’itinéraires et regards artistiques consacrés à la reproduction toute en nuance, mais sans grande reconnaissance du public, des instantanés d’un monde aux mille et une facettes, oscillant entre ombres et lumières.
Présentées par une quarantaine de photographes professionnels originaires du Cameroun, d’Afrique du Sud, d’Allemagne, de France, de Guinée équatoriale, d’Espagne, de Côte d’ivoire, du Mali, de Madagascar et du Sénégal, ces œuvres symbolisent les imaginaires classiques et contemporains d’Afrique.

« Le Cameroun est une terre d’accueil et le berceau de grands noms de la photographie et d’autres domaines de l’art. Les événements à caractère international comme Yaoundé PhotoFest faisaient cependant défaut, contrairement à de nombreux autres pays africains où la photographie par de telles manifestations est célébrée », a expliqué à AZNAPRESS Fabrice Ngon, le promoteur du festival.
Un trait d’union entre la vieille garde et les jeunes générations d’un côté, puis entre le continent noir et ses diasporas d’un autre côté, cette activité s’intègre comme l’une des principales attractions de Yaoundé PhotoFest, un festival de photographie qui vise à réparer une injustice : positionner le 6e art camerounais sur la scène internationale à partir de ses origines, selon ses organisateurs.
Yaoundé PhotoFest porte les identités culturelles africaines sous la houlette de l’association Fine Art Photography – créée également par Ngon – en collaboration avec le pôle photographie d’art du ministère camerounais des Arts et de la Culture.
Il vise à servir de « plateforme d’échanges entre photographes africains et de la diaspora pour mettre en exergue l’éclat de la photographie africaine classique et contemporaine ».
En plus de l’exposition, le programme comporte une série d’autres activités allant des tables rondes aux masterclasses, en passant par des talks, des résidences, des performances et des revues de portfolio.
Parmi les participants, se trouve un groupe de vétérans, des figures emblématiques telles de Paul Michel Nka Ze, Gaspard Tatang, Nicolas Eyidi ou encore Lawrence Chi Nyamngoh. Leur présence marque un hommage à la vieille garde et concourt à un partage de leurs expériences accumulées au fil des décennies de travail acharné aux jeunes générations.
L’air du temps oblige, les enjeux des nouvelles technologies de l’information et de la communication avec en bonne place le développement numérique et l’intelligence artificielle animent les débats axés sur la production, la promotion, l’archivage, la préservation patrimoniale, les questions juridiques liées au droit d’auteur, la photographie de presse, les industries culturelles dans le domaine.
Fabrice Ngon est reporter photographe depuis plus de vingt ans à Cameroon Tribune, le quotidien à capitaux publics où il occupe le poste de chef du service de la photographie et de la documentation, et est associé à la couverture des activités présidentielles localement et à l’étranger.
En 2015, la capitale camerounaise avait aussi abrité les premières Journées nationales de la photographie, une initiative non renouvelée d’Elie Gérard Niat. (Fin/2025)