Electricité : « multiplier par sept » les investissements actuels au Cameroun pour couvrir les besoins

YAOUNDE, 27 juillet (AZNAPRESS) — Fortement engagé à accroître l’accès de ses populations à l’électricité et à renforcer sa compétitivité économique par la réalisation d’une série d’ouvrages, le Cameroun doit « multiplier par sept » ses investissements actuels dans ce secteur pour pouvoir répondre à une demande croissante et devenir un pays émergent, préconise la Banque mondiale.
Photo Cheik Kanté : « Il faut multiplier par sept les investissements dans l’énergie au Cameroun pour qu’il puisse se hisser à la tranche supérieure des pays à revenu intermédiaire », indique Cheick Kanté, le directeur des opérations du Groupe de la Banque mondiale pour le Cameroun, le Congo, le Gabon, la Guinée équatoriale et la République centrafricaine (RCA).
Le Cameroun dispose du deuxième plus grand potentiel hydrologique en Afrique, derrière la République démocratique du Congo (RDC).
De la sorte, sur 1.889 mégawattheures (MW) de capacité installée actuelle d’électricité incluant les 360 mégawattheures, sur les 420 mégawattheures de production prévue, injectés dans le réseau depuis janvier dernier suite à l’entrée en service en 2024 de la centrale de Nachtigal, non loin de Yaoundé, l’hydroélectricité représente la principale source d’énergie.
D’un coût total de 1,120 milliard de dollars américains, cet ouvrage a été réalisé avec le concours de la Banque mondiale, de l’Agence multilatérale des garanties des investissements (MIGA), de la Société financière internationale (SFI, filiale de la Banque mondiale dédiée au secteur privé) et d’autres partenaires multilatéraux comme la Banque africaine de développement (BAD) et l’Agence française de développement (AFD).
Après sa mise en service complète, cette centrale construite sur le fleuve Sanaga deviendra la plus importante du pays à l’heure, devant celle de Song Loulou, la plus ancienne, et ses 384 mégawattheures sur le même fleuve. Un autre projet est en voie de réalisation avec une production plus élevée de 500 mégawattheures, sous le nom de Kikot sur le fleuve Ntem.
« La question de l’énergie est primordiale », a observé Cheick Kanté lors d’un échange avec la presse le 23 juillet à Yaoundé, ajoutant que l’accès à l’électricité dans la première économie de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) « s’est amélioré mais il n’y a pas encore la régularité dans la distribution ».
Selon les études, seulement 71% de la population camerounaise a accès à l’électricité et le coût est parmi les plus élevés d’Afrique. Les disparités entre les régions du pays font que 75% des habitants des zones rurales n’y ont pas accès alors que beaucoup vivent à proximité du réseau.
L’impact de ce déficit affecte fortement Douala, la métropole économique du Cameroun non encore raccordée à Nachtigal, et ses industries ainsi que la compétitivité de l’économie nationale.
Doté d’un Plan national de développement du secteur de l’électricité, le gouvernement camerounais s’est fixé l’objectif de porter sa capacité installée à 5.000 mégawatheures à l’horizon 2030 afin d’assurer une fourniture à 100% de l’électricité à sa population et aux industries locales.
La stratégie s’articule autour du mix énergétique et insiste sur l’accroissement de la production en matière de thermique, de gaz et de solaire, d’autres sources disponibles. Par exemple depuis janvier 2025, plusieurs centrales photovoltaïques fournissent une capacité installée totale de 250 mégawattheures.
Depuis 2009 et 2013, la centrale à fioul lourd de Dibamba près de Douala et la centrale à gaz de Kribi (Sud) fournissent respectivement 86 mégawattheures et 216 mégawattheures. La première avait été financée à hauteur de 24 millions d’euros par la SFI et 31,5 millions de dollars US par la MIGA. Pour la deuxième, les crédits se chiffrent à 35 millions d’euros pour la SFI et 78,2 millions de dollars USD pour la MIGA. (Fin/2025)