Appui de la Banque mondiale au Cameroun pour « organiser et professionnaliser » les mototaxis

YAOUNDE, 27 juillet (AZNAPRESS) — Les pouvoirs publics camerounais sont engagés dans l’organisation et la professionnalisation des mototaxis pour leur permettre de mieux se positionner comme des acteurs crédibles du transport urbain, principalement à Yaoundé et Douala, les deux grandes villes du pays, un projet exécuté avec l’appui de la Banque mondiale.
Au Cameroun, les mototaxis se greffent aux taxis dont l’offre de transport se révèle insuffisante pour satisfaire les besoins d’une population en forte croissance et sans autre alternative. Elles sont reconnues par les autorités comme des entrepreneurs économiques et leur présence ne cesse d’accroître dans les grands centres urbains de Yaoundé et de Douala ainsi que d’autres villes du pays.
L’activité attire des milliers de Camerounais dont certains sont des diplômés sortis des universités et n’ayant pas pu trouver un emploi dans l’administration publique ou dans une entreprise privée. Ceux-ci se confondent avec des hordes de jeunes et même d’adultes qui désertent les villages par un exode rural massif ou fuient les zones en crise de l’Extrême-Nord, du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.
Des ressortissants de pays voisins comme la République centrafricaine (RCA) et le Tchad en font aussi partie.
Beaucoup de membres de cette caste de transporteurs s’identifient par un manque de formation liée à la conduite des motos et évoluent en marge de la réglementation en matière fiscale. Plus grave, en plus du désordre urbain, certains sont impliqués dans des actes de banditisme.
Pour viabiliser le secteur, le gouvernement camerounais bénéficie d’un appui de la Banque mondiale par le biais de la Société financière internationale (SFI) pour la réalisation de son Projet de professionnalisation des mototaxis dédiée à la formation et à la facilitation de l’obtention d’un permis de conduire en faveur de leurs opérateurs.
« Ce phénomène existe. Ils sont là et il faut faire avec. Ce sont des acteurs, surtout très importants à Douala. Il fut les organiser et les professionnaliser », soutient Charlotte Ndaw Sako, la représentante de la filiale de l’institution multilatérale dévolue au secteur privé au Cameroun, au Gabon, en Guinée équatoriale, en RCA et à Sao Tomé-et-Principe.
Métropole économique camerounaise, Douala est le site pilote de la réalisation du projet. Parmi ses avantages, il offre aux chauffeurs de mototaxis communément appelés motoman « des opportunités d’avoir accès à des financements et à certains programmes » d’assistance, a précisé Ndaw Sako lors d’un échange avec la presse le 23 juillet à Yaoundé.
L’opération s’inscrit dans le cadre d’un programme régional financé par la SFI en Afrique centrale et de l’Ouest, avec des résultats appréciables au Togo et au Bénin, « où ils sont peut-être les plus professionnels. Nous avons des chauffeurs qui ont des contrats et une assurance », indique en outre la dirigeante bancaire.
Le projet consiste aussi à aider les municipalités concernées à mettre en place un cadre réglementaire pour encadrer les mototaxis. (Fin/2025)