Présidentielle au Cameroun : la Banque mondiale évoque un risque de tensions « gérable »

YAOUNDE, 27 juillet (AZNAPRESS) — Les électeurs camerounais sont appelés aux urnes le 12 octobre pour élire leur futur président lors des sept prochaines années parmi treize candidats dont le chef de l’Etat sortant Paul Biya, selon la liste provisoire officielle, un rendez-vous électoral qui fait craindre un risque de tensions, jugé plutôt « gérable » aux yeux d’un haut responsable de la Banque mondiale.
En Afrique et ailleurs dans le monde, « les élections portent souvent des risques. Ce n’est pas un tabou, mais c’est un risque gérable, on l’espère pour le Cameroun », souligne Cheick Kanté, le directeur des opérations de la Banque mondiale pour le Cameroun, le Congo, le Gabon, la Guinée équatoriale et la République centrafricaine (RCA).
Cette observation a été exprimée lors d’un échange avec la presse le 23 juillet à Yaoundé, avant la publication de la liste provisoire officielle des candidats au scrutin présidentiel du 12 octobre par Elections Cameroon (ELECAM), l’organe en charge de l’organisation et de la gestion des élections au Cameroun, samedi dernier dans la capitale.
Sur un total de 84 dossiers de candidature enregistrés après la convocation du corps électoral par décret présidentiel le 11 juillet, seuls 13 ont été validés par ELECAM, dont celui du président Paul Biya, au pouvoir depuis 1982 et âgé de 92 ans.
Diverses voix d’acteurs de la société civile et des évêques de l’Eglise catholique réunis au sein de la Conférence épiscopale nationale du Cameroun (CENC) s’étaient fait entendre auparavant pour appeler le chef de l’Etat sortant à ne pas se représenter, pointant son âge avancé et sa longévité au pouvoir.
Ces appels sont venus accroître les inquiétudes de la population camerounaise confrontée à une insécurité grandissante à Yaoundé et Douala, les deux grandes villes du pays, et surtout la persistance des attaques terroristes de Boko Haram à l’Extrême-Nord et la crise séparatiste dans les deux régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.
Autre motif de crainte, des partisans de l’opposant Maurice Kamto, classé deuxième lors de la dernière élection présidentielle tenue en 2018 selon les résultats officiels mais exclu de la participation au prochain scrutin par ELECAM à cause de son investiture jugée irrégulière, lancent ouvertement sur les réseaux sociaux des appels à l’insurrection populaire contre le pouvoir de Yaoundé.
Pour contrer la menace, le gouvernement camerounais mobilise ses troupes pour le renforcement du dispositif sécuritaire et de la surveillance du territoire.
Dans l’édition de juin 2025 de son Baromètre économique de la CEMAC, la Banque mondiale cite « d’éventuelles tensions liées à l’élection présidentielle prévue pour octobre 2025 » comme un des principaux risques qui pèsent sur le Cameroun et son activité économique en ce moment.
Cheick Kanté rassure toutefois que ce risque n’affectera pas les interventions de l’institution multilatérale. « Les décaissements de la banque ne sont pas liés à ce genre de chose-là », a-t-il déclaré en réponse à AZNAPRESS. (Fin/2025)