Présidentielle au Cameroun : Paul Biya en lice avec douze autres candidats dans la liste provisoire

YAOUNDE, 26 juillet (AZNAPRESS) — Au pouvoir depuis 1982 et âgé de 92 ans, le président camerounais Paul Biya briguera un huitième mandat lors de l’élection présidentielle prévue le 12 octobre prochain avec en lice douze autres candidats dont deux anciens alliés et des figures de l’opposition, selon la liste provisoire publiée par Elections Cameroon (ELECAM) samedi à Yaoundé.
Au total, 84 dossiers de candidature liés à ce scrutin avaient été enregistrés après la convocation du corps électoral le 11 juillet jusqu’au 22 juillet et étaient examinés lors d’une session ordinaire du conseil électoral d’ELECAM, l’organe en charge de l’organisation et de la gestion des élections au Cameroun, tenue samedi dans la capitale du pays.
Beaucoup de ces candidatures étaient fantaisistes, ne comportant pas d’attestation de versement de la caution de 30 millions de francs CFA et d’autres pièces officielles exigées dans le cadre de ce processus électoral.
La liste provisoire officielle ne comporte pas le nom de Maurice Kamto, l’ancien président du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) classé deuxième lors de la précédente élection présidentielle tenue en 2018, selon les résultats officiels qu’il avait contestés.
L’ex-ministre délégué à la Justice ne pouvait pas concourir sous les couleurs de son parti à la présidentielle du 12 octobre prochain, car ayant décidé de boycotter les récentes élections législatives et municipales organisées en 2020, se retrouvant en conséquence sans élus au Parlement et dans les exécutifs communaux.
Malgré son investiture par une autre formation, le Mouvement africain pour la nouvelle indépendance et la démocratie (MANIDEM) d’Anicet Ekané, la candidature de l’opposant a été rejetée par ELECAM. Motif invoqué : « pluralité d’investiture » par ce parti.
Des dizaines de partisans de Kamto sont descendus aussitôt samedi après-midi dans les rues de Douala, la métropole économique camerounaise, pour protester contre le rejet de sa candidature par l’organe électoral, des événements qui font craindre une montée de tensions dans la perspective de la tenue du rendez-vous électoral à venir dans le pays.
En attendant la liste définitive des candidats qui sera publiée après l’examen d’éventuels recours de certaines candidatures rejetées par le Conseil constitutionnel, le chef de l’Etat sortant sera opposé en octobre à douze concurrents parmi lesquels figurent les ex-ministres Maïgari Bello Bouba et Issa Tchiroma Bakary.
Anciens alliés du pouvoir de Yaoundé depuis la première élection pluraliste tenue en 1992, les leaders de l’Union nationale pour la démocratie et le progrès (UNDP) et du Front pour le salut national du Cameroun (FSNC) ont récemment annoncé leur démission du gouvernement avant de se déclarer candidats l’un et l’autre à la présidence.
Pour l’heure, il est difficile de savoir si cette décision est synonyme d’une rupture de l’accord politique avec Paul Biya ou si les deux personnalités originaires du Nord comme le défunt président Ahmadou Ahidjo se positionnent comme des opposants pour un éventuel changement à la tête du pays.
Dans cette liste se retrouvent d’autres anciens candidats malheureux à la présidence comme Cabral Libii, classé troisième en 2018, puis Joshua Osih, l’actuel président du Social Democratic Front (SDF), le parti de l’opposant historique John Fru Ndi, de regrettée mémoire, Tomaino Ndam Njoya de l’Union démocratique du Cameroun (UDC), ou encore l’ex-bâtonnier Akere Muna. (Fin/2025)