Accord de paix RD Congo-Rwanda : vers la fin d’un conflit de 30 ans

YAOUNDE, 28 juin (AZNAPRESS) — La République démocratique du Congo (RDC) et le Rwanda ont officiellement signé vendredi à Washington un accord de paix visant à mettre fin à 30 ans de lutte armées de groupes rebelles à l’Est du de la RDC et à normaliser les relations entre les deux pays voisins, au terme d’une médiation internationale conduite par l’l’Union africaine, les Etats-Unis et le Qatar.
Parmi ses principaux points, cet accord de paix qualifié d’« historique » par le président américain Donald Trump et son administration accorde la primauté au respect de l’intégrité territoriale de la RDC, et à l’interdiction des hostilités. Il prévoit en outre le désengagement, le désarmement et l’intégration sous conditions dans les forces armées congolaises des groupes armés non-étatiques.
METTRE HORS D’ETAT DE NUIRE LES GROUPES REBELLES ET ARMES
De la sorte, le texte mentionne la nécessité de mettre hors d’état de nuire les principaux groupes rebelles et armés responsables du conflit qui déchire depuis plus de 30 ans l’Est de la RDC, notamment le Nord-Kivu, à l’instar des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR) et de l’Alliance Fleuve Congo/Mouvement du 23-Mars (AFC/M23).
Les autorités congolaises accusent le pouvoir rwandais de soutenir et de servir de base arrière à ces mouvements rebelles et de vives tensions diplomatiques opposent les deux pays.
Ces tensions ont récemment poussé le Rwanda à se retirer de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (CEEAC), accusant à son tour l’organisation sous-régionale d’être instrumentalisée par Kinshasa après que celle-ci ne lui a pas permis d’accéder à la présidence tournante qu’il devait occuper sur la base des textes qui la régissent.
L’accord de paix prévoit en outre la création d’un mécanisme conjoint de coordination sécuritaire entre les deux pays voisins, avec l’accompagnement des facilitateurs de la signature de l’accord de paix, a indiqué Massad Boulos, la conseiller spécial aux affaires politiques du secrétaire d’Etat américain Marco Rubio lors de la cérémonie tenue vendredi à Washington.
Le document intègre aussi la question du retour des déplacés internes et des réfugiés congolais et rwandais dans leurs pays respectifs, sous la coordination du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), ainsi que la gestion de la crise humanitaire due au conflit sous la responsabilité de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO).
L’accord de paix a été signé par la ministre congolaise des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, et son homologue rwandais, Olivier Nduhungirehe, en présence du secrétaire d’Etat américain Marco Rubio.
UN SOMMET DES CHEFS D’ETAT ATTENDU DANS LES PROCHAINES SEMAINES
Y prenaient part aussi, le président de la Commission de l’Union africaine (UA), Mahmoud Ali Youssouf, le ministre d’Etat qatari en charge des Affaires étrangères, Mohammed bin Abdulaziz al-Khulafi, le ministre togolais des Affaires étrangères, Robert Dussey, au nom du président Faure Gnassingbé, médiateur de la crise pour le compte de l’UA.
Un sommet des chefs d’Etat est attendu dans les prochaines semaines pour garantir le respect des engagements pris d’accord partie par la RDC et son voisin, a annoncé le secrétaire d’Etat américain se félicitant d’une étape majeure franchie pour mettre fin à 30 ans de conflit en RDC, puis permettre la paix et la stabilité dans la région des Grands Lacs.
Ce résultat est l’aboutissement de plusieurs mois de médiation ayant permis d’établir, dans un premier temps, le dialogue entre la RDC et le Rwanda dans le cadre du Processus de Luanda sous les auspices du président angolais Joao Lourenço le 31 octobre 2024, au nom de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC).
ACCORD DE PAIX EN NEGOCIATION AVEC LA COALITION AFC/M23
Cette initiative a été suivie d’une session de pourparlers entre les présidents Félix Tshisekedi de la RDC et son homologue Paul Kagame du Rwanda à Doha au Qatar, au mois de mars, et ensuite de la signature d’une déclaration de principes le 25 avril à Washington.
La recherche d’une solution à la crise a été initiée par le président congolais pour faire taire les armes dans son pays, soulager les souffrances de son peuple et pouvoir relancer l’économie d’un vaste territoire – plus de 2,4 millions de kilomètres carrés – riche en ressources minières et minérales au rang desquelles des minerais stratégiques comme le coltan mais dont l’exploitation par des circuits clandestins et criminels, notamment les groupes armés, échappent à son contrôle.
L’implication des Etats-Unis dans le processus de négociations avec le Rwanda et les groupes rebelles a été conditionnée par la signature survenue récemment d’un accord sur les mines avec l’administration Trump dont le contenu reste inconnu de l’opinion publique congolaise.
Parallèlement au dialogue avec Kigali, un autre accord de paix est en négociation entre le pouvoir congolais et la coalition AFC/M23 pour une sortie de crise définitive. Fin/2025)