Au Cameroun, les besoins d’investissement immédiats chiffrés à 10,9 milliards USD (5.450 milliards FCFA)

YAOUNDE, 30 août (AZNAPRESS) — Un montant total de 10,9 milliards de dollars américains (USD), soit l’équivalent de 5.450 milliards de francs CFA, sera nécessaire pour le Cameroun pour couvrir ses besoins d’investissement pour les cinq prochaines années en vue d’accroître la compétitivité de son économie, estime la Banque africaine de développement (BAD).
Entre 2010 et 2924, le PIB (produit intérieur brut) du Cameroun a presque doublé, passant de 27,5 milliards USD (13.750 milliards de francs CFA) à 52,8 milliards USD (25.400 milliards de francs CFA), constate la Banque africaine de développement (BAD) son Rapport Pays ou note de conjoncture économique publié en juillet dernier dont AZNAPRESS a obtenu copie.
De 3,6% en 2024 et 3,2% l’année précédente, celui-ci devrait croître de 3,7% en 2025 et atteindre 4,1% en 2026, projette l’institution financière.
Cette évolution, analyse-t-elle, serait stimulée par l’accélération de l’investissement public, le développement des industries extractives (fer et gaz), la mise en service d’infrastructures stratégiques dans le secteur de l’énergie et du transport ainsi que l’implantation d’unités de transformation de matières premières.
« Le besoin de financement nécessaire pour impulser la transformation structurelle est estimée à 10,9 milliards de dollars des Etats-Unis à l’horizon 2030. Toutefois, la faiblesse persistante des recettes fiscales, pétrolières et des appuis extérieurs limite la capacité de couverture de ce besoin », tempère le rapport.
L’une des facteurs limitants de la compétitivité de l’économie camerounaise réside dans sa faible capacité à attirer les investissements directs étrangers (IDE) à cause d’un climat des affaires peu attractif, miné par la corruption. La dernière évaluation en 2022 fait état d’un montant de 530 milliards de francs CFA mobilisés.
Ces flux, précise la BAD, ont été « dirigés vers les secteurs pétrolier, minier et des infrastructures, au détriment des secteurs stratégiques tels que : l’industrie manufacturière, l’agriculture moderne, les services de santé, les technologies émergentes dont l’IA [intelligence artificielle, NDLR] ».
Alors qu’il figure dans le classement des quinze (TOP 15) premières économies d’Afrique avec 2% du PIB continental, le poids lourd de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC, composée en outre du Congo, du Gabon, de la Guinée équatoriale, de la République centrafricaine et du Tchad) affiche cependant des indicateurs sociaux peu encourageants.
Le nombre de personnes vivant sous le seuil de la pauvreté – de 2,15 dollars USD par jour selon la Banque mondiale – est estimé à 6,9 millions sur une population totale d’environ 30 millions d’habitants, ce qui place le Cameroun au 155e rang sur 193 au classement du Programme des Nations Unies pour le développement (PUND) sur l’indice de développement humain. (FIN/2025)