Au moins 40.000 morts en 14 ans dans le lac Tchad à cause de Boko Haram, selon rapport

BRUXELLES, 10 juin (AZNAPRESS) — Au moins 40.000 personnes ont été tuées depuis quatorze ans suite aux attaques de Boko Haram dans la région du lac Tchad bordé par le Nigeria, le Tchad, le Niger et le Cameroun, des victimes comprenant des civils ainsi que des forces de défense et de sécurité des quatre pays, selon des statistiques révélées mardi par l’Union africaine (UA).
Conséquence de son apparition au Nigeria en 2009, la secte islamiste Boko Haram, aujourd’hui divisée en deux factions rivales et de petits groupes dissidents, a engendré un conflit armé qui s’est étendu au cours des quatorze dernières années au Cameroun, au Niger et au Tchad, causant une grave crise humanitaire pour les populations riveraines du lac Tchad, épicentre de la menace terroriste.
Un rapport de l’UA publié mardi à Addis-Abeba, siège de l’organisation panafricaine en Ethiopie, estime à 1.400 le nombre d’incidents et 4.100 décès par an à cause de ce confit dans les quatre pays touchés.
« Le nombre a cumulé à plus de 5.000 [morts] en 2020, y compris la plus forte proportion de civils ciblés, avant de diminuer à 4.200 en 2021, de baisser à 3.800 en 2022 et d’augmenter à 3.900 en 2023 », détaille le document de 80 pages dont AZNAPRESS a obtenu copie, au menu d’une réunion du Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’UA.
Réunis au sein de la Commission du Bassin du lac Tchad (CBLT), le Cameroun, le Niger, le Nigeria et le Tchad ont créé lors d’un sommet extraordinaire des chefs d’Etat de cette organisation en février 2015 à Yaoundé, suite à une autorisation de l’UA, une Force multinationale mixte (FMM) de lutte contre Boko Haram, incluant le Bénin.
Cette force aux financements limités était dotée initialement de 8.700 hommes. Le 29 mars dernier, le Niger en a annoncé son retrait. Quatre mois auparavant, en novembre 2024, une menace similaire toutefois non confirmée avait été enregistrée de la part du Tchad, siège de la force.
Les opérations militaires conjointes menées sous l’égide de la FMM ont permis de réduire l’influence du groupe terroriste, mais ne parviennent pas toujours à l’éradiquer. L’Union africaine déplore en outre environ 3,6 millions de personnes déplacées internes et de réfugiés dans cette région qui selon elle « continue d’être l’une des zones de conflit et de crise les plus vulnérables au monde », selon une évaluation de juillet 2024. (Fin/2025)