Drones chargés d’explosifs : nouveau mode opératoire de Boko Haram au Cameroun

MAROUA (EXTRÊME-NORD), 10 juin (AZNAPRESS) — Quatre soldats camerounais ont été tués selon un bilan non officiel, suite à un drone chargé d’explosifs lors d’une attaque présumée de Boko Haram survenue dans la nuit de dimanche à lundi à Sakmé, à l’Extrême-Nord du pays, démontrant le recours du groupe jihadiste à un mode opératoire sophistiqué signalé pour la première fois en mars dernier.
Depuis son apparition au Nord-Est du Nigeria en 2009, Boko Haram s’est révélé comme une redoutable organisation terroriste d’idéologie jihadiste avec un puissant arsenal militaire constitué d’armes lourdes acquises principalement grâce aux ravitaillements favorisés par le pillage des stocks ayant appartenu à l’ancien pouvoir libyen de Mouammar Kadhafi, selon les experts.
Un conflit armé oppose par conséquent les combattants de la secte islamiste aux forces de défense et de sécurité nigérianes, touchant depuis les quatorze dernières années trois pays voisins, le Cameroun, le Niger et le Tchad, notamment dans la région du lac Tchad, leur territoire commun.
La mise sur pied par les quatre pays rejoints par le Bénin en 2015 d’une Force multinationale mixte (FMM) de lutte contre Boko Haram, pour des opérations conjointes sous l’égide de la Commission du Bassin du lac Tchad (CBLT), a eu pour effet de réduire l’influence du groupe terroriste ainsi que ses capacités opérationnelles qui se caractérisaient par des attaques armées massives meurtrières.
La secte islamiste ne s’est du reste pas découragée. Au contraire, en dépit des milliers de désistements, elle a opéré un changement de tactique et oppose aux forces de défense et de sécurité une résistance par des méthodes guérilla comprenant des incursions également meurtrières, des attentats-suicides toutefois devenues rares et l’usage d’engins explosifs improvisés.
Désormais, le mode opératoire intègre des attaques aux drones chargés d’explosifs contre les armées des quatre pays dans le lac Tchad.
Au Cameroun, ce type d’attaque a été enregistré pour la première fois dans la nuit du 24 au 25 mars dernier à Souéram, au Nigeria, où dix-neuf soldats ont été tués et leur camp incendié.
Moins meurtrière, celle survenue dans la nuit de dimanche à lundi dernier, et ayant tué quatre autres soldats dont un lieutenant du Bataillon des troupes aéroportées (BTAP), une force spéciale basée à Koutaba (Ouest), en est la deuxième. Le poste d’opération de ceux-ci a aussi été détruit.
Grâce à une riposte musclée au cours de laquelle plus d’une cinquante d’assaillants ont été tués, l’armée camerounaise est parvenue à reprendre rapidement le contrôle de la situation, (Fin/2025)