Climat : environ 4% des financements mondiaux destinés au Bassin du Congo, déplore WWF

YAOUNDE, 11 novembre (AZNAPRESS) — Les financements en faveur du Bassin du Congo sont dérisoires, estimés à moins de 5% des fonds mobilisés à l’échelle mondiale, alors que la préservation des écosystèmes naturels dans cette région d’Afrique centrale est essentielle pour atténuer les effets du réchauffement planétaire qui frappe le monde, déplore le Fonds mondial pour la nature (WWF).

« Le Bassin du Congo ne reçoit qu’environ 4% du financement climatique mondial, contre des parts nettement plus élevées pour d’autres forêts tropicales comme l’Amazonie », a relevé dans un entretien avec AZNAPRESS Halleson Durrel, directeur de la politique et des partenariats de WWF pour l’Afrique, un des représentants de l’organisation environnementale à la COP30 à Bélem au Brésil.
« Le WWF, avec d’autres partenaires tels que la COMIFAC [NDLR : Commission des forêts d’Afrique centrale, organisation intergouvernementale instituée en 1999 les pays d’Afrique centrale], travaille sans relâche à changer cette situation grâce à des initiatives comme HIFFI, afin de plaider pour une augmentation des flux financiers vers le Bassin du Congo », a-t-il ajouté.
Depuis 2015, les impacts climatiques s’aggravent plus vite que l’action climatique, a regretté WWF dans un communiqué de presse parvenu à AZNAPRESS vendredi.
Forêts vitales à l’échelle planétaire
L’Afrique subit des chocs, a-t-il précisé, mais elle dispose aussi d’atouts majeurs : des forêts vitales à l’échelle planétaire, un immense potentiel en énergies renouvelables, des systèmes alimentaires plus respectueux de la nature, et une solution tradition de solutions portées par les communautés.
D’une superficie totale estimée à 3,7 millions de kilomètres carrés, le Bassin du Congo est un des principaux poumons écologiques du monde avec l’Amazonie en Amérique du Sud. Il est bordé par six pays d’Afrique centrale : le Cameroun, le Congo, le Gabon, la Guinée équatoriale, la République centrafricaine (RCA) et la République démocratique du Congo (RDC).
Alors qu’il stocke du carbone, régule les pluies et soutient des millions de personnes, l’attention et moyens accordés à cet imposant massif forestier ne sont pas à la mesure de son importance planétaire, juge Halleson Durrel. « Nous appelons à une reconnaissance formelle et à des financements dédiés, avec un partage des bénéfices pour les communautés. »
« Le bassin est structurellement sous-financé, insiste Durrel. Nous défendons l’opérationnalisation d’une feuille de route de financement à grande échelle, le doublement des moyens pour l’adaptation et l’alimentation du Fonds pour pertes et préjudices. Les priorités financées doivent couvrir la protection des forêts, les solutions menées par les communautés, les droits fonciers et des mesures d’adaptation concrètes. »
La 30e conférence des parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques ou COP30 ouverte lundi jusqu’au 21 novembre à Bélem au Brésil est un rendez-vous qualifié de crucial.
Au moins 1.300 milliards de dollars de financements par an
Organisées dix ans après la COP21 qui avait débouché sur l’Accord de Paris en 2015, ces assises se proposent de renforcer l’ambition des pays pour limiter la hausse des températures à 1,5° C.
WWF y plaide pour l’adoption d’un « Paquet de Bélem pour l’Afrique » ambitieux et équitable, doté d’au moins 1.300 milliards de dollars de financements par an pour appuyer l’exécution des plans climatiques nationaux, soutenir les communautés déjà touchées par le réchauffement de la terre, accélérer une transition énergétique juste et mettre fin à la déforestation.
Ces préoccupations ont notamment été prises en compte lors de l’adoption de Tropical Forest Forever Facility (TFFF) au cours de la COP29 tenue il y a un an à Bakou en Azerbaïdjan, un mécanisme de financement dont WWF encourage l’exécution. (FIN/2025)