Contre le crime organisé, l’Union africaine prône la coopération sécuritaire transnationale (rapport)

BRUXELLES, 15 mai (Aznapress) — La coopération judiciaire et policière est nécessaire entre les Etats par le biais d’accords d’extradition, d’enquêtes et de poursuites pour une lutte plus efficace contre la criminalité transnationale qui gangrène le continent et freine ses efforts de développement, prescrit l’Union africaine (UA) dans un rapport.
Une étude réalisée par AFRIPOL, le mécanisme de coopération policière de l’UA, et présentée lors d’une réunion tenue le mercredi 14 mai à Addis-Abeba, siège de l’organisation panafricaine en Ethiopie, s’alarme de la montée des crimes transfrontaliers dans diverses régions africaines avec le Sahel comme pôle de convergence.
Ce phénomène se caractérise par le trafic d’armes, de drogues, des cigarettes, des denrées alimentaires subventionnées et d’espèces animales protégées, la traite d’êtres humains ainsi que la contrebande de carburant, de produits pharmaceutiques et cosmétiques contrefaits, décrit le document dont Aznapress a obtenu copie.
Cette criminalité transfrontalière, à l’origine de l’aggravation de l’insécurité sur une bonne partie du continent, se rapporte à une multitude de groupes armés et terroristes qui opèrent dans de vastes territoires désertiques, littoraux et marécageux reliant différents pays dont ils échappent au contrôle, d’Afrique de l’Ouest, centrale, du Nord et de l’Est.
Ces zones de non-droit, désignées sous le nom de corridors criminels par AFRIPOL, sont cependant connectées à des circuits de contrôle étatiques comme des ports commerciaux à l’instar de celui de Lagos au Nigeria cité par le rapport de vingt-quatre pages.
Favorisée par la corruption et l’impunité qui fragilisent l’autorité de l’Etat dans les pays affectés, fléaux auxquels s’ajoutent les conflits armés, les tensions communautaires, l’insuffisance ou l’absence d’infrastructures, la porosité des frontières, la pauvreté et le chômage, cette criminalité transnationale fait émerger une économie informelle florissante qui se confond parfois avec les circuits formels de la production de la richesse, dénonce l’UA.
Elle attire aussi d’importants acteurs institutionnels tels que des responsables diplomatiques et des organisations non gouvernementales (ONG) qui utilisent, pour le cas de transport d’armes, de drogues, d’espèces animales protégées ou de produits pharmaceutiques contrefaits, le couvert de l’aide humanitaire, détaille AFRIPOL.
Pour l’organisme, les groupes criminels exploitent les vulnérabilités structurelles des Etats pour établir des routes clandestines de plus en plus sophistiquées.
La région du Sahel, décrite comme un espace stratégique situé au carrefour de l’Afrique du Nord, de l’Afrique de l’Ouest et de l’Afrique de l’Est, représente le point d’ancrage du rapport.
Les membres du Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’Union africaine réunis mercredi à Addis-Abeba ont souligné la nécessité d’une coopération judiciaire et policière entre les Etats par le biais d’accords d’extradition, d’enquêtes et de poursuites pour ces crimes déclarés.
Un appel a été lancé aux 55 pays membres de l’organisation panafricaine pour l’adhésion au Protocole de Malabo sur la création d’une Chambre pénale à la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples.
L’un des objectifs visés par cette séance de discussions réside dans l’approbation d’une base de données régionale sur les corridors criminels, ainsi qu’une mutualisation des moyens pour une lutte plus efficace contre la redoutable criminalité comprenant la surveillance territoriale, sous l’égide d’AFRIPOL. (Fin)