Mise en place d’un dispositif d’alerte précoce de l’UA pour la lutte contre le crime organisé

BRUXELLES, 15 mai (Aznapress) — Un dispositif d’alerte précoce est désormais opérationnel pour traquer les réseaux criminels spécialisés dans le trafic d’armes, de drogues, de carburant, de médicaments contrefaits, de produits issus du braconnage et la traite d’êtres humains en Afrique, sous la houlette d’AFRIPOL, mécanisme spécialisé de l’Union africaine (UA) pour la coopération policière.
La mise en place de l’Unité centrale d’analyse du renseignement criminel (UCARC) est une étape significative dans les efforts entrepris par l’UA pour endiguer la criminalité transnationale à laquelle se livrent une multitude de groupes armés et terroristes dans diverses régions du continent, mettant à mal la paix et la stabilité au sein des pays.
Aux yeux d’AFRIPOL, « cette unité constitue désormais un levier essentiel pour l’alerte précoce et la prévision des risques, en produisant des rapports de renseignement exploitables, et au déploiement tactique des forces de sécurité, notamment dans les corridors à haut risque du Sahel », annonce-t-il dans un rapport publié en marge d’une réunion mercredi le 14 mai à Addis-Abeba en Ethiopie.
Cet organisme appuie les 55 pays membres de l’UA dans le renforcement de leurs capacités opérationnelles, par la fourniture d’équipements techniques, le partage du renseignement et la coordination de l’organisation d’opérations conjointes de police.
Ainsi, indique-t-il, l’ensemble de ces pays ont été dotés d’une plateforme sécurisée régionale et 40 bureaux nationaux y sont déjà connectés. Est également projetée, la mise en place de centres d’excellence et de laboratoires forensiques à vocation régionale, destinés à soutenir les techniques d’investigation avancées et le traitement de preuves.
En 2024, AFRIPOL a effectivement organisé une série d’opérations conjointes d’envergure, ciblant le trafic de drogues, la traite des êtres humains et les produits contrefaits (médicaments et cosmétiques). Celles-ci ont abouti à « des résultats concrets, notamment des saisies, des arrestations et le démantèlement de plusieurs réseaux criminels », précise-t-il.
Une réunion du Conseil de paix et de sécurité de l’UA tenue le mercredi 14 mai à Addis-Abeba, siège de l’organisation panafricaine dans la capitale éthiopienne, a insisté sur la nécessité d’une coopération judiciaire et policière entre les Etats par le biais d’accords d’extraditions, d’enquêtes et de poursuites pour les crimes transfrontaliers.
L’adhésion au Protocole de Malabo sur la création d’une Chambre pénale à la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples a aussi été rappelée aux participants à cette rencontre. (Fin)