Asie et golfe Persique au cœur du trafic d’armes dans la criminalité transnationale en Afrique (rapport)

BRUXELLES, 15 mai (Aznapress) — L’Asie et le golfe arabo-persique représentent les principales régions d’origine du trafic d’armes et d’espèces animales protégées qui alimente les réseaux de criminalité transnationale qui accentuent les conflits armés et l’insécurité en Afrique, révèle un rapport de l’Union africaine (UA).
Selon l’étude d’AFRIPOL, mécanisme de coopération policière de l’UA, présentée d’une réunion du Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’organisation panafricaine mercredi le 14 mai à Addis-Abeba, son siège en Ethiopie, le corridor Port-Soudan-Khartoum-Nyala constitue l’un des axes les plus sophistiqués du trafic d’armes à destination du Sahel et d’Afrique centrale.
S’étendant depuis la cote de la mer Rouge, ce couloir, qui traverse le Soudan, le Tchad et atteint la République centrafricaine (RCA), est principalement utilisé pour l’acheminement d’armes lourdes, souvent importées depuis des pays comme la Chine ou les Emirats arabes unis, précise le rapport de vingt-quatre pages dont Aznapress a obtenu copie.
« Ces armements, détaille le document, sont dissimulés dans des cargaisons à caractère humanitaire et diplomatique, ce qui leur permet d’échapper aux contrôles classiques imposés par les autorités internationales. »
Les trafiquants, poursuit-il, ont recours à des ONG fictives pour couvrir le transport, en maquillant les cargaisons sous l’apparence d’aide humanitaire. « Dans certains cas, des diplomates ou des entrepreneurs sont directement impliqués dans le financement, la logistique ou la sécurisation du convoi. »
En janvier 2025, rapporte AFRIPOL, deux conteneurs dissimulant des armes sous couvert d’aide alimentaire ont par exemple été saisis. Les cargaisons provenaient de Chine et étaient destinées à des groupes armés opérant dans le sud du Tchad et en RCA, informe l’organisme de coopération policière.
En Afrique de l’Est, la contrebande très répandue de produits issus du braconnage tels que l’ivoire, les faucons, l’addax, l’oryx et les antilopes rares exploite le corridor Kassala-Asmara-mer Rouge reliant l’Erythrée au Soudan oriental pour écouler ces marchandises sur les marchés lucratifs de Chine, du Golfe arabo-persique et d’Égypte, où leur valeur est particulièrement élevée.
En Afrique de l’Ouest, le corridor Maradi-Katsina-Kaduna-Lagos, entre le Niger et le Nigeria, est spécialisé dans le trafic illicite de médicaments, dont surtout le tradamol et les sirops codéinés largement consommés comme drogues de rue dans le Nord du Nigeria et les régions voisines. Pour ce cas, « les produits sont généralement importés par des conteneurs depuis l’Inde ou le Pakistan, débarqués au port de Lagos, puis acheminés vers le Nord du pays à travers un réseau structuré », renseigne en outre AFRIPOL. (Fin)