La crise au Moyen-Orient vue comme une source d’extension du terrorisme islamiste en Afrique

YAOUNDE, 3 octobre (Aznapress) — La crise entre Israël et l’Iran est une menace non seulement pour l’ensemble du Moyen-Orient, mais aussi pour d’autres régions du monde comme l’Afrique où les inquiétudes sont exprimées quant à la possibilité de voir ces tensions devenir une source d’extension du terrorisme islamiste déjà rampant dans la bande sahélo-sahélienne.

Professeur de sciences politiques et vice-recteur à l’Université de Yaoundé II au Cameroun, Mathias Eric Owona Nguini note que « dans un certain nombre de pays africains, notamment dans la bande sahélo-sahélienne, on a des groupes armés qui se revendiquent d’orientations politiques qui sont parfois des orientations qui relèvent des orientations politico-terroristes comme de la République islamique d’Iran. »
« Ces groupes armés-là sont des agences importantes d’action dans cet espace sahélo-sahélien. Un embrasement au Moyen-Orient leur donnerait l’occasion d’intensifier la rivalité qu’ils conduisent contre d’autres Etats et cela pourrait effectivement avoir des conséquences en termes de déstabilisation de ces Etats de la bande sahélo-sahélienne », a poursuivi le sociopolitiste dans un entretien avec Aznapress mercredi, au lendemain de la frappe de missiles iranienne sur Israël.

C’est un avis partagé par le diplomate Simon Pierre Omgba Mbida qui a relevé à son tour à Aznapress que « ce qui se passe là-bas touche évidemment l’Afrique et notamment va continuer à nourrir ce terrorisme islamiste qui ravage les pays africains, notamment dans la bande sahélo-sahélienne. »
« C’est pour cela que nous sommes inquiets que cette déstabilisation généralisée va encore augmenter le trafic d’enfants qui ne font qu’alimenter la guerre, avec les guérillas », a ajouté cet autre spécialiste des relations internationales.
Mardi soir, l’armée iranienne a tiré entre 180 et 200 missiles dont des missiles hypersoniques selon les estimations des autorités Tel-Aviv elles-mêmes et des Etats-Unis, son grand allié, sur le territoire de son voisin israélien avec lequel Téhéran est opposé par une vieille rivalité territoriale et idéologique datant de la création de l’Etat hébreu en 1948.
Sans surprise, le Premier ministre Benyamin Netanyahou a promis une riposte musclée de son armée à cette opération militaire iranienne en la qualifiant d’agression, tandis que le président iranien Massoud Pezeshkian a, de son côté, averti d’une réponse plus forte en cas de représailles de l’Etat hébreu.
Cette montée des tensions survient à la suite de l’assassinat par Israël du chef du Hezbollah libanais, Hassan Nasrallah, le 27 septembre près de Beyrouth au Liban, après celui du chef du Hamas palestinien, Ismaël Haniyeh, le 31 juillet à Téhéran en Iran. (Fin)