L’Afrique vise un protocole contraignant sur la gestion des sécheresses lors de la COP16

YAOUNDE, 15 octobre (Aznapress) — L’Afrique prépare activement sa participation à la prochaine session de la Conférence des parties (COP16) à la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification (CNULD) prévue en décembre en Arabie saoudite, où elle entend parler d’une seule voix pour obtenir un protocole contraignant sur la gestion des sécheresses, affirme un expert.
Directeur régional du Worldwide Fund for Nature (WWF ou Fonds mondial pour la nature en français) pour le Bassin du Congo, Martin Kabaluapa a déclaré dans un entretien avec Aznapress que « la COP16 de Riyad est cruciale pour l’Afrique, car elle se concentre sur la lutte contre la désertification et la sécheresse, des défis majeurs pour de nombreux pays africains ».
« L’Afrique cherchera à obtenir un protocole contraignant sur la gestion des sécheresses, qui pourrait renforcer les mécanismes de réponse rapide aux crises hydriques. Un autre enjeu sera de sécuriser des financements dédiés à la restauration des terres dégradées et à la promotion de pratiques agricoles durables, essentielles pour garantir la sécurité alimentaire dans la région », a-t-il ajouté.
La COP16 aura lieu du 2 au 13 décembre à Ryad en Arabie saoudite, sous le thème « Notre Terre. Notre Futur ». C’est la première à se tenir dans la région du Moyen-Orient. Elle est présentée par les organisateurs comme la plus grande réunion jamais organisée par les 197 parties de la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification (CNULD).
Ces assises se focaliseront sur la mobilisation des gouvernements, des entreprises et des communautés du monde entier pour accélérer l’action en faveur de la restauration des terres et de la résilience à la sécheresse.
Depuis 2000, les sécheresses augmentent de 29% et touchent un quart de la population mondiale, selon les estimations.
Le réchauffement climatique affecte les activités agricoles et d’élevage dans le Bassin du Congo en perturbant les saisons agricoles traditionnelles et en réduisant la disponibilité des ressources en eau, indique Kabaluapa.
Les sécheresses plus fréquentes et les pluies irrégulières, précise-t-il en outre, entraînent des récoltes moins prévisibles et une baisse de la productivité agricole. « De plus, la dégradation des pâturages affecte l’élevage, forçant les éleveurs à se déplacer vers de nouvelles zones, ce qui peut entraîner des conflits sur les terres. »
Le Bassin du Congo est la deuxième plus grande forêt pluviale du monde, après l’Amazonie en Amérique latine. Il s’étend sur six pays (Cameroun, Congo, Gabon, Guinée équatoriale, République centrafricaine et République démocratique du Congo) et couvre une superficie totale de plus de 3,7 millions de kilomètres carrés. C’est aussi le plus grand puits de carbone du monde. (Fin)