Mandat d’arrêt contre Netanyahou : gel des avoirs de quatre juges de la CPI par les Etats-Unis

YAOUNDE, 6 juin (AZNAPRESS) — Les Etats-Unis ont annoncé jeudi des sanctions comprenant le gel des avoirs contre quatre juges de la Cour pénale internationale (CPI) dont la Béninoise Reine Sophie Alapini Gansou et la Péruvienne Luz del Carmen Ibanez Carranza pour avoir autorisé l’émission d’un mandat d’arrêt international contre le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou.
La Cour pénale internationale, basée à Rome en Italie, a délivré le 21 novembre 2024 un mandat d’arrêt international à l’encontre de Benyamin Netanyahou, le chef du gouvernement de l’Etat hébreu suspecté de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité, de persécutions et d’autres actes inhumains, du 8 octobre 2023 au moins jusqu’au 20 mai 2024.
Ces accusations se rapportent à l’interminable offensive militaire que l’armée israélienne mène dans les Territoires palestiniens sous les ordres du Premier ministre suite aux attaques du Hamas suivies des centaines de prises d’otages sur le territoire israélien le 7 octobre 2023.
Donald Trump, le président américain, et son administration considèrent cette décision de la haute juridiction internationale, qui vise aussi l’ex-ministre israélien de la Défense Yoav Gallant, comme un acte hostile aux Etats-Unis et son allié Israël.
Outre la Béninoise Reine Adelaïde Sophie Alapini Gansou et la Péruvienne Luz del Carmen Ibanez Carranza, l’Ougandaise Solomy Balungi Bossa et la Slovène Beti Hohler paient le prix des poursuites décidées contre des responsables militaires américains dans le cadre des opérations en Afghanistan.
LES QUATRE JUGES SANCTIONNES SONT TOUS DES FEMMES DONT DEUX AFRICAINES
Comme le démontre le constat, les quatre juges sanctionnés sont tous des femmes, dont deux Africaines au total. En plus du gel des avoirs, elles sont frappées de l’interdiction d’entreprendre une quelconque transaction sur le territoire américain ou avec un partenaire américain, que ce soit en termes financiers ou en matière de biens et de services.
Selon les termes de l’ordre exécutif présidentiel 14203 communiqué à la presse par le secrétaire d’Etat Marco Rubio jeudi à Washington, les avoirs des éminents juristes aux Etats-Unis seront saisis et rétrocédés au Trésor américain.
Le chef de la diplomatie américaine a rappelé que les Etats-Unis et Israël ne sont pas l’un et l’autre Etats parties du Traité de Rome ayant institué la création de la CPI en 2005.
Cette juridiction à compétence universelle s’est longtemps illustrée par des actions d’éclat comprenant visant essentiellement des dirigeants africains à l’instar de l’arrestation suivie de l’inculpation en 2011 de l’ex-président ivoirien Laurent Gbagbo et de son ex-ministre de la Jeunesse Charles Blé Goudé, ou encore celles concernant le Congolais Jean-Pierre Bemba.
La CPI, composée en majorité de pays africains comme Etats parties, a de ce fait régulièrement été sous le feu des critiques sur le continent, accusée d’être une justice aux ordres des puissances impérialistes occidentales. La menace d’un retrait massif avait alors été brandie par l’adoption d’une résolution de l’Union africaine (UA). (Fin/2025)