Interdiction d’entrée aux Etats-Unis : tension diplomatique entre N’Djamena et Washington

YAOUNDE, 5 juin (AZNAPRESS) — Une poussée de fièvre empoisonne les relations entre le Tchad et les Etats-Unis suite à une décision prise par Washington mercredi imposant une interdiction d’entrée sur son sol à des ressortissants de douze pays étrangers dont plus de la moitié sont africains, une liste comprenant le Tchad qui annonce ce jeudi une riposte par une mesure similaire.
« Le Tchad n’a ni des avions s à offrir, ni des milliards de dollars à donner mais le Tchad a sa dignité et sa fierté », a réagi dans une déclaration le président tchadien, Mahamat Idriss Déby Itno, annonçant jeudi la suspension de la délivrance des visas par son pays aux citoyens américains, dans une sorte de réponse du berger à la bergère à l’endroit de son homologue américain Donald Trump.
L’exécutif américain fait savoir qu’à compter du 9 juin prochain les ressortissants de l’Afghanistan, de la Birmanie, du Tchad, du Congo-Brazzaville, de la Guinée équatoriale, de l’Erythrée, d’Haïti, de l’Iran, de la Libye, de la Somalie, du Soudan et du Yémen ne se verront plus accorder la possibilité de voyager aux Etats-Unis.
Il s’agit d’une décision inédite qui surprend par le nom des pays ciblés, dont certains passaient pour être des partenaires historiques des Etats-Unis.
C’est le cas du Tchad, connu pour avoir été un allié de Washington dans la lutte antiterroriste dans le Sahel et dans le domaine pétrolier, notamment à travers les investissements d’ExxonMobil dans l’exploitation depuis 2003 de gisements situés à Doba (Sud), ayant nécessité la construction d’un pipeline long de 1.080 kilomètres jusqu’au large des côtes camerounaise à Kribi (Sud).
Donald Trump et son administration, eux, ont justifié leur décision par des impératifs sécuritaires, en référence à une attaque récente au cours de laquelle un homme présumé d’origine égyptienne et en situation irrégulière a blessé à Boulder dans le Colorado douze personnes lors d’une manifestation en soutien aux otages israéliens détenus par le Hamas palestinien.
Cet argument ne convainc pas en Afrique où une vague de contestation est observée contre une mesure qualifiée d’arbitraire. Dans la foulée, l’Union africaine (UA) a dans un communiqué ce jeudi aussi dénoncé le caractère unilatéral de celle-ci et appelé les Etats-Unis à privilégier la voie du dialogue. (Fin/2025)