Pétrole : l’Afrique doit-elle redouter la hausse de production saoudienne pour les prix ?

YAOUNDE, 11 octobre (Aznapress) — Le marché mondial du pétrole, qui enregistre en ce moment l’un des prix les plus élevés depuis plus de cinquante ans, s’attend à voir son offre croître en raison de la décision prise par l’Arabie saoudite d’augmenter sa production en dépit des incertitudes sur la demande caractérisée par une participation toujours faible de l’Afrique.
En 2023, la production mondiale de l’or noir était établie à 102,20 millions de barils par jour, selon les données de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) pour qui l’Afrique ne représentait que 6,26% de cette offre, soit 6,4 millions de barils dont 71,1% fournis par quatre pays : le Nigeria, la Libye, l’Angola et l’Algérie.
En annonçant sa décision de relever sa production de pétrole brut il y a une semaine, l’Arabie saoudite fait une entorse à la politique des quotas adoptée par l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) dont elle est le leader, pour permettre de stabiliser les prix en baisse depuis la crise financière mondiale de 2009, puis la pandémie mondiale de COVID-19 en 2020.
Pourtant, les incertitudes persistent à cause de la baisse des importations de la Chine, premier importateur mondial.
Mais, de l’avis de l’expert financier et économiste Bernard Ouandji interrogé par Aznapress, la hausse de la production saoudienne n’affectera pas le marché, car, « tout en étant leader du cartel, l’Arabie saoudite verra ses initiatives unilatérales facilement contrées par les deux gros acteurs suivants, à savoir les États-Unis et la Russie, ces deux derniers pays n’étant pas membres de l’OPEP ».
Aux Etats-Unis notamment, l’Agence américaine d’information sur l’énergie a annoncé mercredi une augmentation de 5,8 millions de barils des stocks domestiques de pétrole de brut (hors réserves stratégiques), soit 1,39%.
Or, la semaine dernière, le même organisme avait déclaré une chute inattendue de 4,5 millions de barils de ces réserves.

« En somme, tout puissant qu’il soit, même l’OPEP dans son ensemble ne peut pas manipuler le prix de façon durable ; dans le temps, oui parfois. Mais de nos jours, l’OPEP a perdu de son influence tactique depuis que la production américaine a pu s’accroître de façon spectaculaire en une décennie seulement », décrit Ouandji, consultant pour de nombreuses organisations internationales.
Cela signifie que, bien que son poids dans l’offre mondiale de pétrole brut demeure faible, l’Afrique n’a rien à redouter de la perspective de l’augmentation de la production saoudienne quant à la possibilité de chute des cours.
Depuis le début de cette année, ces cours sont plutôt sur une tendance à la hausse, comparés à ceux enregistrés entre 2000 et 2020, année où ils se situaient à 24,65 dollars le baril du Brent de la mer du Nord à Londres, après avoir plongé à 42,89 dollars en 2009, contre 125,21 dollars l’année précédente, prix record jamais atteint depuis le crack pétrolier de 1971.
De 77,40 dollars le baril le 1er janvier 2024, ces cours évoluent de façon identique à l’heure actuelle. Les variations sur les cinq séances de cotation cette semaine sont de 79 dollars vendredi soir, 79,300 dollars jeudi, 76,760 dollars mercredi, 77,440 dollars mardi et enfin 81,140 dollars lundi. La semaine dernière, la même tendance était observée. (Fin)