Rachel Tchoungui, voix inoxydable à 79 ans

YAOUNDE, 28 juillet (AZNAPRESS) — Humour et joie de vivre communicatifs : toute la vie de Rachel Tchoungui se résume à l’art à telle enseigne qu’à l’occasion de ses 79 ans le 22 juillet, l’icône de la chanson, comme à son accoutumée, a donné rendez-vous aux amateurs de musique pour un moment de communion et de détente au centre culturel Ubuntu à Yaoundé.
Avec sa voix gracieuse dont elle use avec admiration en modulant ses intonations comme un musicien ajuste son instrument au gré des accords de la mélodie, Rachel Tchoungui a transporté lors de cette soirée le public dans une ambiance festive qui offrait le plaisir de la consommation d’un nectar rare et ne laissait transparaître ni aucun ravage des âges, ni aucun signe de fatigue dans ce timbre vocal hors pair.
Un remake de sa prestation lors du show-case et de la causerie éducative sur l’environnement, un double événement organisé par AZNAPRESS dans ce même centre culturel Ubuntu le 26 décembre 2024, la chanteuse de renom a ravi les mélomanes avec une interprétation relevée au rythme de l’assiko et du bend-skin, de « We are the world », standard de la chanson signé Michaël Jackson.



En la voyant se produire avec autant d’énergie et d’engagement, qui peut imaginer que derrière cette grande dame de la chanson se cache une athlète de haut niveau, ancienne capitaine de l’équipe nationale féminine de volleyball du Cameroun, puis une traductrice-interprète doublée d’une enseignante de formation ?
« Rachel ! On ne peut pas quantifier l’impact de ses chansons dans le monde », a fait observer Ateh Bazore, musicien, chanteur, interprète et président de la Société civile nationale du droit d’auteur de l’art musical du Cameroun (SONACAM), présent à cette soirée de célébration également du 50ème anniversaire de naissance du musicien, arrangeur, chef d’orchestre et producteur Ruben Binam.
Aux côtés de la matriarche, le fondateur du groupe musical Kemit 7 Collective s’est livré lors d’un échange avec le public dans une évocation de sa carrière, débutée au sein de l’orchestre du collège catholique de la Retraite à Yaoundé et poursuivie au Catho Music Band créé avec un groupe de copains à l’Université catholique d’Afrique centrale (UCAC) dans cette même ville.
La trajectoire prend une dimension professionnelle avec la mise sur pied en 1996 du groupe Macase, lauréat du Prix Découverte RFI Musiques du monde en 2001, lui permettant de parcourir le monde, de l’Afrique à l’Amérique du Nord en passant par l’Europe, pour des spectacles.

« C’est toujours un plaisir de partager un parcours qui est un parcours de vie », a-t-il souligné.
Pour son immense talent, habituée des grandes scènes en Europe et en Asie, Rachel Tchoungui, formée par le célèbre musicologue Francis Bebey, ancien responsable à l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNSECO) à Paris en France, a été l’invitée de nombreux chefs d’Etat en Afrique tels Omar Bongo Ondimba du Gabon, Abdoulaye Wade du Sénégal, Thomas Sankara du Burkina Faso, etc.
En plus d’Ateh Bazore, Tonton Marcel, chanteur et interprète, a rendu hommage à la chanteuse par un témoignage sur sa transmission de son don à travers l’encadrement de jeunes artistes.
Précédée d’une prestation d’une chorale composée de petits enfants, la soirée, organisée sous l’égide de l’association Les sonorités de la forêt dirigée par Claudel Kampoer, expert en communication marketing et gestion de projets événementiels, a connu la participation du secrétaire général du ministère camerounais des Arts et de la Culture, Blaise Nkene. (Fin/2025)