Redécouvrir Tonton Marcel, du chant au design d’intérieur avec panache

YAOUNDE, 13 mai (Aznapress) — Au centre culturel Ubuntu à Yaoundé, une galerie de créations captive le regard des visiteurs avec l’originalité et les couleurs éclatantes des œuvres qui mettent en lumière une autre facette de designer d’intérieur du chanteur Tonton Marcel, révélé au public il y a une trentaine d’années au travers du groupe musical Black Roots, créé par sa tante Liza Ngwa.

Habitué de cet espace à la mode dans la capitale camerounaise pour ses prestations régulières avec l’orchestre Kemit 7, et qu’il a choisi pour présenter au public par une exposition permanente ses créations de décoration d’intérieur depuis 2024, Tonton Marcel y est remonté sur scène le vendredi 9 mai à l’occasion de Remember Bob Marley Festival, en hommage au pape du reggae.
Comme des millions d’autres fans à travers le monde, l’œuvre monumentale du monstre sacré jamaïcain de la musique n’a pas manqué de séduire le chanteur et auteur-compositeur camerounais qui en a fait une de ses principales sources d’inspiration.
Sa reprise de « No woman no cry », qui a fait vibrer les mélomanes vendredi soir au centre culturel Ubuntu, s’intègre dans une démarche professionnelle consistant à se réapproprier certains des grands classiques de la chanson africaine et afro-descendante.
RIVAGES MUSICAUX VARIES INCARNES PAR DES FIGURES EMBLEMATIQUES
De sorte, Tonton Marcel surfe avec plaisir sur des rivages musicaux variés incarnés par des figures emblématiques telles que Myriam Makeba pour sa chanson « Njilo Njilo », Franklin Boukaka pour « Les immortels », Pierre Akedengue pour « Africa Obota », Eko Roosevelt pour « Attends-moi » ou encore Salif Keïta pour « Africa ».
Hors d’Afrique, en plus de Bob Marley, le Camerounais, en carrière solo depuis 2011, distille la joie de vivre au travers d’une musique entraînante puisée dans les riches répertoires d’Harry Belafonte, le roi du calypso, pour son « Island in the sun », Henri Salvador pour « Maladie d’amour », puis Coupé Cloué pour « Mom Kompe ».
Ces reprises fleurissent sa discographie, composée de cinq albums : « My feelings » (11 titres), « Rainbow » (7 titres), « Nostalgies » 6 titres), « Heritage » (14 compositions personnelles), « Ntong Ning » (11 titres avec le groupe Black Roots). Puis « Guantanamera », un single de deux chansons.
Fonctionnaire aujourd’hui à la retraite, Tonton Marcel, de son vrai nom Jean-Marcel Ngoua, du haut de ses 68 ans et de sa silhouette athlétique, est un artiste accompli qui n’arrête pas de se réinventer, n’hésitant pas à s’associer pour mieux nourrir sa créativité, à des artistes plus jeunes que lui comme c’est le cas de Kemit 7 au sein duquel il jouit du statut de « papy groove » au côté des autres membres.
DIGNE HERITIER DE SA TANTE LIZA NGWA ET DE SA MERE
Directeur artistique dès la création en 1997 du groupe musical Black Roots par sa tante Liza Ngwa, il s’impose comme un digne héritier de celle-ci, une artiste de renom décédée par la suite et ayant marqué les esprits comme une boule d’énergie au parcours atypique de sportive de haut niveau, chanteuse, auteure-compositrice, chorégraphe, danseuse, écrivaine, comédienne, peintre, sculptrice.
Avec cet ensemble musical qu’il a remis sur orbite en 2000 avec une bande de jeunes musiciens et chanteuses, il a participé à de nombreux rendez-vous internationaux au Cameroun et à l’étranger, ainsi qu’au côté de la chanteuse Bébé Manga, sa marraine, également de regrettée mémoire.
Par ailleurs designer d’intérieur, l’ancien sociétaire du Ballet national du Cameroun, entre 1982 et 1985 sous la direction de Liza Ngwa, et du Club Ballet de l’ex-Université de Yaoundé (aujourd’hui Université de Yaoundé I) de 1978 à 1981 perpétue aussi l’héritage de sa mère, Odile Mulaya Nyongha, esthéticienne, couturière, brodeuse, styliste, puis ancienne basketteuse et tenniswoman.
Ses créations, une série de tableaux brodés auxquels s’ajoutent d’autres objets d’ornement tels que des nappes et des pots de table émanant de l’art de la récupération, sont une véritable attraction. En exposition permanente au centre culturel Ubuntu, elles ont aussi été à l’affiche lors d’une exposition-vente tenue décembre 2024 au Club France de Yaoundé, sous le thème « Tonton Marcel’s handi-crafts ». (Fin)