9.000 milliards de dollars de besoins annuels pour l’adaptation au changement climatique

YAOUNDE, 17 octobre (Aznapress) — Relever le défi de l’adaptation au changement climatique en sortant des centaines de millions de personnes de la pauvreté dans le monde et en leur facilitant l’accès à l’électricité nécessite des financements colossaux, rapporte le Fonds mondial pour la nature dans une étude qui estime les besoins à quelque 9.000 milliards de dollars par an.
Selon le rapport « Planète vivante 2024 » que Worldwide Fund for Nature (WWF) ou Fonds mondial pour la nature en français vient de publier sur l’état de biodiversité dans le monde et la santé de la planète, le financement mondial de lutte contre le changement climatique dans le secteur de l’énergie a avoisiné les 1.300 milliards de dollars américains en 2021-2022.
Ce financement est jugé faible comparé aux besoins énormes que l’organisation indépendante chiffre à « 9.000 milliards de dollars par an pour l’atténuation et l’adaptation jusqu’en 2030 ».
« De même, la transition vers un système alimentaire durable nécessite une augmentation considérable des dépenses de 390 à 455 milliards de dollars par an, provenant de sources publiques et privées, soit toujours moins que ce que les gouvernements dépensent chaque année en subventions agricoles dommageables à l’environnement », poursuit le document dont Aznapress a obtenu copie.
L’année 2030 est l’échéance fixée par la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques pour limiter l’augmentation de la température mondiale à 1,5%, notamment dans le cadre de l’Accord de Paris de 2015, puis d’éradiquer la pauvreté et de garantir le bien-être des humains, cette fois dans le cadre des Objectifs de développement durable (ODD).
Un autre objectif consiste à protéger 30% des écosystèmes terrestres et marins et de restaurer également 30% des zones dégradées.
Pourtant, déplore WWF, « l’argent continue d’affluer vers des actions qui alimentent les crises de la nature et du climat : les financements privés, les avantages fiscaux et les subventions qui exacerbent le changement climatique sont estimés à près de 7.000 dollars américains par an ».
« Le réchauffement climatique affecte les activités agricoles et d’élevage dans le Bassin du Congo en perturbant les saisons agricoles traditionnelles et en réduisant la disponibilité des ressources en eau », a souligné dans un entretien avec Aznapress Martin Kabaluapa, directeur régional de WWF pour cette région.
« Les sécheresses plus fréquentes et les pluies irrégulières entraînent des récoltes moins prévisibles et une baisse de la productivité agricole. De plus, la dégradation des pâturages affecte l’élevage, forçant les éleveurs à se déplacer vers de nouvelles zones, ce qui peut entraîner des conflits sur les terres », a-t-il ajouté.
Le Bassin du Congo couvre six pays d’Afrique centrale, à savoir le Cameroun, le Congo, le Gabon, la Guinée équatoriale, la République centrafricaine (RCA) et la République démocratique du Congo (RDC Congo), et s’étend sur plus de 3,7 millions de kilomètres carrés de superficie. C’est la deuxième plus grande forêt pluviale du monde, après l’Amazonie en Amérique du Sud.
Le rapport « Planète vivante » de WWF est une étude sur les tendances mondiales de la biodiversité et de la santé de la planète. Il est publié tous les deux ans. Son Indice Planète vivante (IPV) sur lequel il s’appuie se veut un signal d’alerte précoce du risque d’extinction de cette biodiversité et ses populations animales. (Fin)