Bassin du Congo : communautés villageoises, acteurs clés de la conservation de la biodiversité

YAOUNDE, 3 décembre (Aznapress) — Dans le Bassin du Congo, où est annoncée la découverte de 742 nouvelles espèces de faune et de flore, les communautés villageoises riveraines apparaissent comme des acteurs clés de la conservation de la biodiversité qualifiée d’exceptionnelle de cet espace d’intérêt vital mondial, admet World Wide Fund for Nature (WWF) ou Fonds mondial pour la nature en français.
La présence de cette biodiversité qui comporte des espèces anciennes à l’instar du crocodile à museau fin d’Afrique centrale, dont les origines sont situées à il y a huit millions d’années, lors d’éruptions volcaniques, démontre son intégration comme partie prenante de la vie des communautés autochtones et locales.
Par exemple, « nos pisteurs du programme d’habituation des gorilles viennent de la communauté proche du parc. [Ils] deviennent nos ambassadeurs », s’est réjoui Terence Fuh Neba, le directeur du parc national de la Salonga en RD Congo, lors de la présentation à la presse lundi rapport intitulé « Une nouvelle vie dans le Bassin du Congo : une décennie de découvertes d’espèces (2013-2023) ».
Directeur de la conservation de WWF dans le Bassin du Congo, qui englobe le Cameroun, le Congo, le Gabon, la République centrafricaine (RCA) et la République démocratique du Congo (RDC), Jaap van der Waarde reconnaît aussi les « contributions clés des communautés autochtones et locales dans les efforts de conservation ».
Il est établi qu’en Afrique des liens étroits existent notamment entre les sociétés humaines et le monde végétal et animal. Beaucoup d’espèces de plantes sont utilisées comme médicaments pour la santé des populations. De même que certaines espèces animales servent aux rites traditionnels importants pour la préservation de l’identité culturelle spécifique à de nombreuses communautés.
Plus important encore, il existe des communautés qui transforment en totems de protection et source de prospérité certaines espèces animales et végétales. C’est le cas des forêts dites sacrées dans la région de l’Ouest du Cameroun.
« Nous utilisons les mêmes plantes que les animaux pour survivre et nous soigner », a confié à la presse Yvette Mongondji, facilitatrice communautaire Baka invitée lors du webinaire tenu lundi à l’occasion de la présentation du rapport de WWF sur les nouvelles découvertes de la biodiversité. (Fin)